‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 225 sur 327 · XV · texte numérisé non relu

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à la France dans les Lettres philosophiques : il voulut le révéler complétement par un exposé méthodique de ses découvertes et de son Système du Monde, et se fit aider par un membre de l’académie des Sciences, qui avait, avant lui, commencé la lutte contre l physique cartésienne. C'était Maupertuis, esprit ingénieux, parfois bizarre, et qui, seul, eût peut-être longtemps soutenu sans grand éclat les théories auxquelles Voltaire allait donner un retentissement immense !. Les Éléments de la Philosophie de Newton furent publiés en Hollande en 1738. Le chancelier d'Aguesseau avait refusé un privilége à Voltaire pour ce livre. D'Aguesseau défendait la physique cartésienne, à cause de son principe du mouvement directement et perpétuellement donné de Dieu, et repoussait comme irréligieux le newtonianisme, avec son attraction, présentée par les disciples de Newton, moins religieux que leur maître, comme une propriété inhérente à la matière. Ce n’était point à la censure à décider de telles questions et Descartes eût été bien humilié d’une protection semblable.

Voltaire était, en ce moment, enivré de physique et äe newtonianisme. Il eut la pensée de faire des sciences sa principale carrière, ce qui ne l’écartait pas de son but philosophique, puisque toute la philosophie aboutissait, pour lui, à la physique. Il écrivit des mémoires pour l'académie des Sciences; madame du Châtelet et lui concoururent, chacun de leur côté, contre le célèbre Euler, sur la question de la nature et de la propagation du feu. Un jeune savant, qui fut un des successeurs de Newton dans la découverte des lois du système du monde, Clairaut, arrêta Voltaire dans une route où il eût consumé infructueusement ses forces et lui fit comprendre que, s’il avait pu exposer brillamment les idées de Newton, la nature ne l’avait pas fait pour être à son tour un génie inventeur dans l’ordre scientifique. Voltaire se contenta dorenavant de puiser dans ses connaissances physiques des arguments pour sa philosophie et des couleurs pour sa poésie. Entre bien d’autres pièces ou sérieuses ou familières, empreintes du même cachet, la belle Épiître à madame du Châtelet, sur Newton.

1. Le Discours sur la figure des astres, de Maupertuis, avait paru en 1732, deux ans vant les Lettres Philosophiques, É

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