PREMIERS PLANS DE LAW
ruiner le commerce. Les mémoires tombèrent entre les mains du successeur de Chamillart, de Desmaretz, qui n’en continua pas moins les changements de monnäies.
Law, cependant, alla porter ses plans à un petit état, à la Savoie, puis à l’empereur : on ne l’écouta pas; il y eut pourtant à Vienne un essai qui offrit quelques rapports partiels avec ses principes. A la paix, il revint en France et trouva enfin accès auprès de Desmaretz, qui fut frappé de ses théories de crédit et qui accueillit un projet de banque sur un irès-large plan !. Law avait offert 500,000 francs pour les pauvres, s’il échouait. La mort de Louis XIV lui sembla devoir amener son jour plus vite encore : il fit passer toute sa fortune en France (1,600,000 francs à 28 francs le marc), comme pour brûler ses vaisseaux, et présenia au régent un mémoire sur les monnaies, dont nous avons déjà parlé, et de très-beaux mémoires sur les banques. Il y montre la France, pour ce qui concerne le crédit, en arrière de tout le monde, même de Rome, de Naples et de Vienne, qui possèdent des banques : il n’y a plus que la France, l'Espagne et le Portugal qui n’en aient pas! La France s’affaiblit pendant que les autres états augmentent en force?. L’Angleterre s’est soutenue par le crédit : elle paie 6 pour 100 de sa dette, sans distinguer entre ses premiers créanciers et ceux qui ont acheté la rente à 50 et 40 pour 100 dans les mauvais jours; la France a réduit arbitrairement ses créanciers primitifs à 4 pour 100, les autres à bien moins, et, cependant, malgré cela ou plutôt à cause de cela, l'Angleterre prospère et supporte, sans ployer, un fardeau de 60 millions de dette annuelle qui l’eût naguère écrasée, et la France, au contraire, est accablée sous la ruine de ses finances. Le plus mauvais papier, en Angleterre, ne perd pas 5 pour 100; le meilleur en France, perd 50 pour 100. Il conclut en proposant, non plus une banque hypothécaire comme en Écosse, mais une banque royale percevant les revenus publics, émettant des billets à cours obligatoire dans les paiements entre le roi et les particuliers, et à cours libre dans le commerce et les relations des particuliers entre eux. « Si le crédit