‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 243 sur 327 · G%È5-1754] LUTTES DE LA COUR ET DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

G%È5-1754] LUTTES DE LA COUR ET DU PARLEMENT

et requêtes furent exilés et dispersés dans différentes villes du ressort du parlement de Paris, et quatre des plus ardents furent envoyés prisonniers dans des forteresses (9 mai). La grand’chambre, qu’on avait voulu ménager, protesta et confirma tous les arrêts passés. Elle fut transférée à Pontoise (11 mai). Les magistrats ne plièrent pas. Les parlements de Toulouse, d’Aix, de Rouen, de Rennes, le Châtelet de Paris, étaient engagés dans les mêmes luttes que le parlement de Paris et encourageaient sa résistance. La cour essaya de se passer du parlement en instituant, pour juger à sa place, une chambre des vacations, composée de conseillers d'État et de maîtres des requêtes (18 septembre 1753). La chambre des vacations fut honnie de tout le monde : elle n’osa s'installer au Palais; ni avocats, ni procureurs ne voulurent se présenter devant elle. Il suffisait que la cour et les jésuites fussent d’un côté pour que le public fût de l’autre.

A la Saint-Martin, époque de la rentrée annuelle, la grand’chambre fut exilée de Pontoise à Soissons, et la chambre provisoire des vacations reçut le titre de chambre royale, comme si elle eût dû être un tribunal définitif. On l’établit au Louvre. On n’y gagna rien. La résistance passive continua. C’était grave. La magistrature n’avait pas eu cette fermeté sous la Régence. Les caractères commençaient à se retremper. D’un autre côté, le clergé moliniste, enivré de son apparente victoire, portait le trouble dans toutes les familles avec ses billets de confession. Madame de Pompadour se reprit à craindre l’ascendant du parti dévot à la cour et à réveiller les ombrages du roi contre la coterie du dauphin. Le roi accueillit l’idée d’une transaction générale. D'une part, Machault fut autorisé à négocier avec le parlement; d’autre part, le cardinal de La Rochefoucauld se chargea d’amener les évêques à renoncer aux billets de confession, pourvu qu’on renonçât à faire payer le vingtième au clergé. Le cardinal reconnaissait par là que les billets de confession n’avaient été, au moins pour le gros du parti, qu’une manœuvre politique; la manœuvre avait réussi puisque la cour abandonnaït les plans financiers du contrôleur général. Machault ne fut pas disgracié, mais il fut transféré à la marine, et le contrôle général passa à M. de Séchelles, ancien intendant d'armée (fin juillet 1754). Le clergé

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