Afghans d’origine, établis dans le midi de l'Inde
La nouvelle de la prise de Giugi réveilla Nazir; il quutta Arcate et revint sur les Français avec plus de cent mille combattants : le reste était retourné dans le Dekhan. La saison des pluies (septembre-décembre) l’arrêta aux environs de Gingi. Ce fut lui à son tour qui demanda à traiter. Dupleix suivit une double négociation, l’une publique, avec Nazir, l’autre secrète, avec les chefs des mécontents, prêt ou à signer la paix si Nazir tenait enfin parole à Murzapha et donnait l'investiture du Carnatic à Tchunda Saëb, ou à l’attaquer s’il refusait. Nazir consentit, mais trop tard. Tandis qu’il envoyait le traité ratifié à Pondichéri, le commandant de Gingi, Le Prévost de La Touche, appelé par les chefs conjurés, s'était porté sur l'ennemi par une marche de nuit. Au point du jour, huit cents Français et trois mille cipayes, avec dix canons, se jetèrent intrépidement sur ce camp de cent mille hommes, qui comptait encore plus de quarante mille cavaliers, sept cents éléphants et trois cent cinquante pièces d'artillerie. Ils chassèrent devant eux tout ce qu'ils rencontrèrent. Aux prises avec des masses toujours renouvelées, ils commençaient toutefois à se lasser de vaincre. Derrière la première ligne qu’ils avaient coupée et dont ils dispersaient les tronçons, ils apercevaient une seconde ligne d'au moins quarante mille hommes. Tout à coup, du milieu de cette grande réserve immobile, un drapeau blanc apparaît au-dessus d’un éléphant : c'était le signal des conjurés. Les Français font halte : bientôt une rumeur immense leur apprend qu’une catastrophe vient de s’accomplir. Nazir-Jung, furieux de l’inaction de la seconde ligne, y avait couru avec ses gardes. Il traite de chien et de lâche le premier nabab qu’il rencontre ; c'était un des chefs patanes. Le nabab répond par un coup de carabine qui jette Nazir à bas de son éléphant. La tête de Nazir est portée à Murzapha-Jung, qui passe sans transition des fers à l'empire. Le combat cesse à l'instant. L'armée entière proclame ou subit Murzapha.
Le 15 décembre 1750, Murzapha entra en triomphe dans Pondichéri, porté dans le même palanquin que Dupleix. Le soubahdar et le gouverneur, en signe de fraternité, échangèrent devant le peuple leurs coiffures et leurs armes. Un trône avait été préparé à Murzapha dans la ville française. I] y fit asseoir Dupleix auprès