Forbonnais, t, IL, p. 401. — Saint-Simon, t. XV, p
2. Les députés des villes de commerce, consultés par le conseil des finances, avaient unanimement répondu que rien ne pouvait être plus avantageux à la France qu’une banque d'État, mais que les conjonctures n'étaient pas favorables. V. le préambule des Lettres-patentes du 2 mai 1716, ap. Hist. du Sysième des finances en 1719-1720, t. V, p. 74.
3. V. notret. XIII, p. 559. Après la paix de Ryswick, on avait envoyé une colonie à la Louisiane; mais la guerre de la succession en avait arrêté le progrès,
qui emploierait deux millions à coloniser. Noaiïlles, que l'influence de Law commençait à inquiéter de plus en plus, espérait l’attirer dans une affaire ruineuse et ne se doutait guère qu’il lui offrait le levier ardemment souhaité de son système. Law se hâta d’accepter la Louisiane, convoqua les principaux capitalistes et les enleva par le tableau de l'immense avenir agricole et commercial réservé à ces terres neuves, à ces forêts vierges, que baigne un fleuve de mille lieues de cours, si l’on y portait des capitaux et des bras en quantité suffisante. La Compagnie se forma à-sa voix, non point avec ? millions, mais avec 100 millions de capital nominal, divisés en deux cent mille actions de 500 francs, à fournir en billets d'État, portant intérêt à 4 pour 100 : cela représentait une trentaine de millions, valeur en argent. Pour prix de l'avantage offert au gouvernement par l'écoulement des billets d’État, la nouvelle Compagnie d'Occident obtint le monopole du commerce de la Louisiane et du commerce des castors du Canada pour vingt-cinq ans, et la propriété du sol de la Louisiane pour toujours, sauf réserve des droits des quelques colons déjà établis. L'édit royal statuait que la Coutume de Paris ferait loi en Louisiane : la colonie était exemptée d'impôts pour vingt-cinq ans et d'importantes exemptions de droits étaient accordées à la Compagnie sur ses denrées, sur ses marchandises, sur ses matériaux de construction, etc. (août 1717).
Law tenait ses deux grands instruments, la Banque et la Compagnie de commerce : il s'agissait maintenant d'arriver à leur donner toute leur puissance en rendant la Banque royale et la Compagnie universelle.
Le conseil, poussé par Noailles, voulut débarrasser tout de suite l'État de cent millions de ses billets en forçant les détenteurs à les échanger contre les actions de la Compagnie d'Occident. Law réclama vivement contre cette contrainte. La lutte, qui existait sourdement, éclata entre lui et Noailles, qui avait vu peu à peu grandir son rival par-dessus sa {ête. Noailles tomba, comme nous l'avons dit : d’Argenson le remplaça, et Law, vainqueur, poursuivit son œuvre.
Tout avait Cté clair et logique jusqu'ici dans les opérations de Law : c’est au moment où il arrive au pouvoir, que d’étranges