On finit par faire de cet homme un garde des sceaux
parlementaires refusèrent de rentrer sans leurs collègues et sans la révocation des mesures qui les avaient blessés. Les parlements des provinces envoyèrent COUp Sur Coup les plus violentes remontrances pour le rétablissement du parlement de Paris. Louis céda de guerre lasse : il consentit enfin à annuler toutes les démissions, à retirer, sous prétexte de l’interpréter, la déclaration qui avait tant irrité les magistrats, et à rappeler les exilés; seulement, les deux chambres qui avaient été supprimées ne furent pas rétablies, et leurs membres furent distribués dans les trois autres chambres des enquêtes (1° septembre). Les parlements provinciaux obtinrent aussi la réintégration de leurs membres exilés ou emprisonnés. Par compensation, le roi rappela les prélats exilés en les invitant à écouter les exhortations pacifiques du saint père. La paix intérieure sembla ainsi rétablie pour un moment, mais le roi n’y avait pas mis assez de bonne grâce pour qu'on lui en sût gré. Le principal négociateur de la transaction avait été l'abbé de Bernis : madame de Pompadour avait été bien aise de relever le parlement, par hostilité contre les jésuites et contre le parti du dauphin. Elle voulait pouvoir se vanter de faire la paix en France et la guerre en Allemagne.
Sa politique, conciliante au dedans, était de plus en plus violente au dehors, si l’on peut donner à pareille chose le nom de politique. Les ministres français n’étaient quasi plus que des marionnettes dont Marie-Thérèse et Kaunitz tenaient les fils. Le cabinet de Versailles, poussé par la Pompadour unie à la dauphine, fille du roi-électeur Auguste IT, avait rompu avec la Prusse toutes relations diplomatiques dès le mois d’octobre 1756, ce qui indiquait l'intention de s'engager contre elle autrement qu’en simple auxiliaire de l’Autriche.
La guerre d'Allemagne, durant l'hiver de 1756 à 1757, s'était préparée sur la plus vaste échelle. La Russie, déjà liée à lAutriche et à la Saxe, avait accédé, le 31 octobre 1756, au traité entre la France et l’Autriche, et il avait été convenu que la France paierait le subside promis par l'Autriche à la tzarine *.
1. L'omission relative à la Turquie, dans le traité du 1e mai 1756 avec l'Autriche, fut à demi réparée dans l’acte d’accession de la Russie. Il y futstipulé que la France ne s’engagerait à rien contre les Turcs. V. Flassan, t. VI, p. 200.