‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 279 sur 327 · PAIX AVEC LES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

PAIX AVEC LES PARLEMENTS

Ce n’était que le commencement des exigences de la cour de Vienne! Les masses de troupes françaises qui, dès l'entrée du printemps, se dirigèrent sur le Rhin, attestèrent que le traité de Versailles et ses vingt-quatre mille auxiliaires étaient déjà bien loin, et que la France allait mettre, non pas une main, mais tout le corps, dans la guerre continentale, dans la guerre autrichienne ; quant à la guerre maritime, à la guerre française, elle deviendrait ce qu’elle pourrait !

Le 17 janvier 1757, la diète germanique, sous la double pression de l'Autriche et de la France, avait décidé de faire marcher les contingents des cercles pour aider au rétablissement de la paix troublée par l'agression du roi de Prusse. Le 14 mars, la France et la Suède signifièrent à la diète qu’elles rempliraient les obligations qui leur incombaient comme garantes du traité de Westphalie. Le parti aristocratique du sénat était tout à fait le maître en Suède, depuis qu’une conspiration monarchique avait été récemment étouffée dans le sang de ses auteurs (en 1756), et le sénat avait forcé le roi, beau-frère de Frédéric Il ', à prendre parti pour la France et l'Autriche contre le frère de sa femme , sans même consulter les Quatre États de Suède. Un appât séduisant avait été présenté aux Suédois. Par un traité du 21 mars, la France promit d'aider la Suède à recouvrer ce qu'elle avait perdu en Poméranie depuis 1679. L’Autriche accéda au traité, et, quelques mois après (22 septembre), une convention plus explicite promit toute la Poméranie, sur le pied du traité de Westphalie, plus un subside payé moitié par la France, moitié par l'Autriche, à condition que la Suède mit vingt mille soldats en campagne. L'électeur de Cologne, le Palatin, tous les princes du Rhin, tous ceux de l'Allemagne méridionale, furent entraînés dans la coalition par les subsides français. Beaucoup d’habileté fut déployée par les agents diplomatiques de la France dans la poursuite d’un but insensé. L’Angleterre et la Prusse ne gardèrent d’aliiés que la maison de Brunswick, la Hesse - Cassel et quelques petits princes saxons. La neutralité avait été défi-

1. Le roi de Suëde était alors Adolphe-Frédéric de Holsteiu-Eutin, élu en 1751, par la protection de la Russie, après la mort du roi Frédéric de Hesse-Cassel, dont le frère fut écarté du trône,

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