‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 291 sur 327 · REVERS DANS L'INDE. SAINT-CAST · texte numérisé non relu

REVERS DANS L'INDE. SAINT-CAST

3 quatorze mille hommes dans la baie de Cancale : ce corps d'armée alla s'emparer de Saint-Servan, ville qui, séparée de Saint- Malo par l'embouchure de la Rance, est comme le faubourg de Saint-Malo, et y brûla un vaisseau de cinquante canons, deux frégates, vingt-quatre corsaires et une soixantaine de bâtiments marchands. Saint-Malo était trop bien armé pour qu’on püût l’emporter d’un coup de main : les Anglais se rembarquèrent, mais pour aller insulter les côtes de Normandie. On avait, sous le cardinal de Fleuri, commencé de grands travaux à Cherbourg, afin de donner à la France ce port militaire dans la Manche qu'avait tant souhaité Colbert; puis ces travaux avaient été suspendus par la négligence du gouvernement. La place était ouverte et les forts inachevés. Les Anglais descendirent, le 7 août, à d'ouest du fort de Querqueville, entrèrent, le 8, dans Cherbourg sans résistance, bouleversèrent le bassin, démolirent les forts et des môles, enclouèrent ou emportèrent l'artillerie, et brûlèrent vingt-sept navires marchands. Une troisième descente fut moins bien combinée. Les Anglais revinrent sur Saint-Malo (4 septembre), hésitèrent de nouveau à l’assiéger et se mirent à longer le rivage à l’ouest de cette ville, sans autre but que de piller : es troupes éparses dans la Bretagne eurent le temps de se concentrer et, renforcées de paysans, de bourgeois, d’écoliers de l’université de Rennes, qui avaient couru aux armes avec l'impétuosité bretonne, elles joignirent l'ennemi, le 11 septembre, comme il se rembarquaîit dans la baie de Saint-Cast. Le duc d’Aiguillon', gouverneur de Bretagne, personnage réservé à une fâcheuse célébrité, montrait une hésitation peu honorable. Un brave officier, d’Aubigni, aftaqua sans ordre : tout le monde suivit. En quelques instants, l'arrière-garde des Anglais fut enfoncée, taillée en pièces ou jetée à la mer. Il leur en coûta au moins £rois mille hommes.

Ce combat heureux consola un peu l’amour-propre français, «mais ne compensa pas nos pertes. Notre commerce maritime était

anéanti?.

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