‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 292 sur 327 · Neveu du maréchal de Richelieu · texte numérisé non relu

Neveu du maréchal de Richelieu

2. Mém. de Duclos, p. 650. — Vie privée de Louis XV, t. II, p. 187. — Mercure istorig., t. CXLIV, p. 832; CXLV, p. 81, 281, 383. — Smollett, L. XX VIII.

L'extravagance de la politique de Versailles était manifeste à tous les yeux. Le ministre des affaires étrangères, l'abbé de Bernis, était effrayé des malheurs où il avait contribué à précipiter la France. Dès la défaite de Rosbach, il avait dit franchement au roi qu'on ne pouvait continuer la double guerre continentale et maritime; que la France n'avait ni généraux ni argent. Il avait fini par arracher à Louis une autorisation de négocier. Dès lors,

il fut perdu dans l'esprit de madame de Pompadour : la favorite.

jouait l'héroïne romaine au fond de son alcôve et mettait sa gloire à rester inflexible dans ses desseins, en dépit des misères publiques. Un esprit ambitieux et entreprenant profita de ces dispositions pour supplanter Bernis. Le comte de Stainville, de la maison de Choiseul, avait gagné la faveur de la Pompadour en faisant manquer une intrigue, tramée par une de ses parentes, afin de remplacer la marquise auprès du roi. La marquise reconnaissante avait fait Stainville ambassadeur à Ronr, puis à Vienne. Il vit la marquise et son amie l’impératrice également mécontentes de la résolution de négocier : il soutint que rien n’y obligeait, qu'on pouvait trouver des ressources pour continuer la guerre. La Pompadour, toute persuadée, persuada facilement le roi. Bernis reçut presque en même temps sa destitution et le chapeau Ge cardinal comme consolation (1° novembre), et Stainville fut mandé de Vienne pour entrer aux affaires étrangères : le roi le créa duc et pair, sous le titre de duc de Choiseul'. * -

Cette révolution ministérielle devait avoir plus de portée et de durée que les précédentes. Le diplomate qui arrivait au pouvoir par celte mauvaise porte de la Pompadour et de l'Autriche n’était pourtant rien moins qu'un intrigant vulgaire. Les origines lorraines de sa famille, héréditairement dévouée aux ancêtres de l'époux de Marie-Thérèse, excusaient jusqu’à un certain point sa première direction politique; c'était un singulier caractère, mélange de légèreté, de témérité, de pénétration et parfois même de profondeur; esprit plein d'éclat et de séduction, vive et active intelligence, dépourvu de principes et de croyances, il suppléait à la moralité absente, autant que rien y peut suppléer, par la

1. Mém. de Duclos, p. 631. — Meém. de madame du Iausset, p. 82. — Notice sur Bernis, par le cardinal de Brienne, à la suite de madame du Hausset, p. 203,

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