‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 318 sur 327 · TRAITÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE PARIS

sances germaniques êtait absolument la même qu’avant le premier coup de canon. L'équilibre était au contraire tout à fait rompu entre la France et l'Angleterre. La France avait perdu la fleur de sa marine", sa vaste domination dans l’Amérique du Nord, les restes des conquêtes de Dupleix et de Bussi, sa meilleure possession sur la côte occidentale d’Afrique et plusieurs des Petites- Antilles. L’Angleterre avait acquis un énorme accroissement territorial et une prépondérance d'opinion accablante. Pour la première fois depuis le moyen âge, elle avait vaincu la France par ses propres forces et presque sans alliés, la France ayant au contraire de puissants auxiliaires : elle avait vaincu par la seule supériorité de son gouvernement. Honte, misère morale, écrasement, voilà quel était pour notre patrie le résultat de cette lutte commencée avec ardeur et avec gloire. Un avenir prochain devait montrer si l'Angleterre avait autant gagné en réalité qu'en apparence. — Dans l'Inde’, oui, et bien davantage encore! — En Amérique, non! l’excès de la puissance y préparait la chute.

En somme, cette paix désastreuse était devenue nécessaire. On ne peut guère reprocher aux hommes d'état qui l’ont signée que l'abandon de la Louisiane. Mais, quant au monarque dont la misérable politique avait conduit à une telle nécessité, quant à la favorite dont la vanité blessée avait bouleversé le monde et ruiné, déshonoré la France, l’histoire ne saurait avoir pour eux assez de flétrissures.

cent quarante mille; celles des Français, à deux cent mille; des Anglo-Hanovriens, à cent soixante mille; des Suédois, à vingt-cinq mille ; des troupes des cercles, à vingt huit mille. Hist. de la guerre de Sept Ans, t. II, p. 414.

1. Trente-sept vaisseaux et cinquante-six frégates, suivant Sainte-Croix, t. Il, p. 327. Cependant, comme on avait beaucoup construit depuis 1755, la marine française était loin de se trouver anéantie à la paix de Paris comme à la paix d’Aix-la- Chapelle; on avait au moins quarante vaisseaux de ligne en bon état,

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