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article *. » La France et l'Angleterre se garantirent l'exécution des traités d’Utrecht, en tant qu’ils regardaient leurs intérêts respectifs, et spécialement « les successions à la couronne de la Grande- Bretagne, dans la ligne protestante, et à la couronne de France, suivant les susdits traités. » On se promit un secours mutuel de dix mille combattants contre les agresseurs du dehors ou les rebelles du dedans.
Tel fut ce pacte, qui devait survivre à ses auteurs et enchaïner la France à l'Angleterre pendant un quart de siècle. La forme fut pire que le fond : non-seulement Georges Ier garda, dans le préambule de l’exemplaire qui resta à ses ministres ?, le titre ridicule de roi de France, que les monarques anglais se transmettaient de dynastie en dynastie; mais, ce même titre ayant été attribué à Louis XV, les ministres anglais réclamèrent et y firent substituer celui de roi Très-Chrétien, «refusant ainsi à l'héritier de Louis XIV l'usage de son propre nom 5, »
La Hollande hésita beaucoup à entrer en tiers dans l'alliance. Écrasée sous le rôle qu’elle s'était arrogé dans la guerre de la Succession, elle renonçait avec effroi à la ruineuse ambition d’être l'arbitre de l’Europe et ne cherchait plus qu’à ménager tout le monde. Elle craignait également de. mécontenter l'empereur et l'Espagne, à qui le nouveau pacte devait presque également déplaire. Elle finit pourtant par se décider, moyennant l'abolition des droits d'entrée de quatre sous pour livre que payaient ses marchandises en France, et la Triple Alliance fut signée officiellement le 4 janvier 1717, à La Haie‘.
Les préventions contre la France étaient si fortes de l’autre côté du détroit, que ce traité, si avantageux à l'Angleterre, ne fut point accepté sans peine par l'opinion et par le parlement. Le duc d'Orléans apaisa le meneur le plus influent de l'opposition, M. Pitt (beau-père de lord Stanhope et père de lord Chatam), en lui
1. Cette clause, déjà si humiliante, fut encore aggravée par l'exécution : le gouvernement du régent, puis de Louis XV, eut la lâcheté de souffrir que des commissaires anglais s’installassent en permanence à Dunkerque.
2. Cet exemplaire fnt rédigé en latin, les Anglais n'ayant pas voulu admettre l'usage du français, comme dans les traités précédents.