‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 51 sur 327 · TRIPLE ALLIANCE · texte numérisé non relu

TRIPLE ALLIANCE

achetant 2 millions, pour le compte de la couronne, un énorme diamant qui est resté fameux sous le nom du Régent!.

À peine le régent avait-il engagé la France dans l'alliance anglaise, qu’une tentative eut lieu pour l’amener à un autre système d'alliance, où tout était nouveau, jusqu’au nom de l’allié qui s’offrait et qui n’avait jamais compté jusqu’alors dans la politique française. Le tzar de Russie vint en personne proposer son amitié à la France.

On sait quel avait été le but du premier voyage de Pierre-le- Grand en Occident : étudier de la tête et de la main tous les arts et toutes les sciences qui contribuent à la force des empires, se faire le premier soldat, le premier matelot, le premier artisan de sa nation, le grand ouvrier de toute œuvre. I] était retourné dans son chaos du Nord, comme une espèce de démiurge qui va refondre et fabriquer un monde, et, en quelques années, il avait fait une Europe, du moins une apparence d'Europe, là où il n’y avait la veille qu’une Tartarie occidentale au niveau des peuples de Kasan ou de Samarkande. Maintenant, après avoir organisé la masse confuse de son empire, commencé l’unité territoriale par un vaste système de canalisation, transféré la résidence tzarienne de l’immobile Moscou dans une capitale maritime, qu’il avait créée, comme par miracle, sur la rive orientale de la Baltique arrachée aux Suédois, après avoir rétabli son influence dominatrice sur la Pologne, qué ne pouvait plus lui disputer Charles XII, il venait étudier, non plus les arts, mais les cabinets de l’Europe, dans un moment où toutes les relations traditionnelles vacillaient ou cédaient à des combinaisons nouvelles. Lui-même, disposé à modérer ses ressentiments contre la Suède, jugeait moins utile à sa grandeur de poursuivre au fond du Nord cette rivale réduite à l'impuissance, que de travailler à la remplacer en Allemagne. Dès qu’il a ressaisi son ascendant sur la Pologne, il étend le bras pardessus la Vistule jusque sur les bouches de l'Elbe et vise à se faire céder le Holstein ou le Mecklenbourg , afin de devenir membre de l'empire germanique et de tenir la Baltique par les deux bouts. Déjà ses troupes, introduites dans le nord de l'Allemagne comme

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