‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 56 sur 327 · EFFORTS D’ALBERONI · texte numérisé non relu

EFFORTS D’ALBERONI

cicr pour une descente en Écosse au profit du prétendant : il avait voulu empêcher les Turcs de conclure le traité de Passarowitz et fomenter une nouvelle insurrection en Hongrie par le moyen de l’illustre exilé Rakoczi, il s'était enfin lié secrètement avec les du Maine et leurs amis, avec la noblesse mécontente de Bretagne, avec tous les adversaires du régent en France et du roi Georges en Angleterre, et n’avait pas été sans influence sur la virulente opposition que manifesta en 1718 le parlement de Paris. Rien de tout cela n’aboutit : les Turcs ne surent pas mieux qu’à leur ordinaire profiter des diversions que leur offrait l'Occident ; le régent brisa l'opposition du parlement et du duc du Maine par le lit de justice du 26 août !, et il fut impossible de réunir Charles XII et Pierre-le-Grand, l’un voulant garder ses conquêtes de la Baltique, l’autre ne voulant pas les céder. On a cu tort néanmoins de voir, dans les plans d’Alberoni, des rêves gigantesques conçus à priori par une imagination déréglée ; c’étaient tout simplement les efforts d’un homme qui, sentant se briser sous sa main l’appui le plus proche et le plus naturel ?, en cherche au loin de hasardeux ou d’impossibles avec une énergie désespérée.

Une dernière tentative avait été faite pour amener l'Espagne à se soumettre. Le ministre anglais Stanhope, habitué à traiter par lui-même toutes les grandes affaires diplomatiques, s'était rendu à Madrid et avait parlé de restituer Gibraltar à de certaines conditions. Si cette offre fut sérieuse, cette fois, s’il est vrai que le roi hanovrien ait été assez insensé pour vouloir faire aux intérêts de l'Autriche un sacrifice qui pouvait lui coûter son trône, Alberoni eût dû faire tout au monde pour arracher le consentement de Philippe V ÿ. Quoi qu’il en soit, le gouvernement espagnol n'écouta rien. Au moment où lord Stanhope arriva à Madrid, Alberoni venait de frapper un second coup, bien plus retentissant que la conquête de la Sardaigne. Trois cents transports, escortés par vingt-deux vaisseaux de guerre, avaient, le {1° juillet, jeté trente

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