‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 57 sur 327 · V. ci-deseus, p · texte numérisé non relu

V. ci-deseus, p

2. Nous ne prétendons point que la première faute ne fût à Philippe V et à sa famme; mais nous n’admettons pas que cela justifie loflensive prise contre l'Es-

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8. W. Coxe, l'Espagne sous les Bourbone, t. II, p. 428; t. I, ch. xxxL

mille Espagnols aux portes de Palerme ‘. Cette fois, ce n’était pas à l'Autriche que s’attaquait directement l'Espagne, car la Sicile était encore occupée par les officiers du roi Victor-Amédée ; mais Alberoni voulait se saisir, au préalable, de l’objet de la querelle, sauf à dédommager Victor-Amédée aux dépens de l’empereur en Lombardie. Victor-Amédée, certain de perdre la Sicile dans tous les cas, en avait déjà retiré la plupart de ses troupes. Les Piémontais, peu nombreux, voyant le peuple et le clergé tourner contre eux, l’un, à cause de la pesanteur des impôts, l’autre, pour une question d’immunités violées, évacuèrent rapidement presque toute l’île et se concentrèrent dans la citadelle de Messine 2. Les Autrichiens tremblaient déjà dans Naples, quand vingt vaisseaux anglais apparurent sur ces côtes et se dirigèrent vers Messine. L’amiral anglais, Byng, fit proposer au général de l’armée d’Espagne une supension d’armes en Sicile, L’Espagnol refusa. Byng, alors, s’avança vers la flotte d'Espagne, qui se retira lentement à son approche, ne sachant encore s’il venait en ennemi. Aucune signification, aucune déclaration de guerre, n'avait eu lieu. Byng joignit la flotte espagnole à la hauteur de Syracuse (11 août}, la serra contre la côte et l’attaqua sans qu’elle eût pu même se former en ligne de bataille. Cette malheureuse flotte, imparfaitement équipée et montée par des marins aussi braves qu'inexpérimentés, fut anéantie : il n’échappa que quatre vaisseaux sur vingt-deux. Quelques heures d’un choc prématuré avaient suffi pour écraser cette marine renaissante.

Quelqu'un à Paris apprit cette nouvelle avec plus de satisfaction que personne à Londres. Dubois scandalisa de sa joie effrontée les bons citoyens, qui sentaient que la liberté des mers et l'équilibre européen venaient d’être frappés avec l'Espagne. Le désastre de Syracuse le fit ministre (24 septembre). L’infatigable Stanhope accourut de nouveau à Paris pour enlever la nomination de Dubois aux affaires étrangères. Georges Ie se hâta de faire écrire à

1. Alberoni avait eu un projet bien plus hardi : c’était de tenter, avec cette armée, une descente en Angleterre au nom du Prétendant. L’Angleterre était fort peu munie de troupes régulières et fort déshabituée des armes : cette témérité eût pu avoir chance, au moins dans le premier moment. L’inepte Philippe V ne comprit pas que c’était frapper la coalition au cœur et voulut qu’on allât en Sicile,

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