‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 61 sur 327 · GUERRE D'’ESPAGNE. BRETAGNE · texte numérisé non relu

GUERRE D'’ESPAGNE. BRETAGNE

lorsque Charles Il se vendait à Louis XIV, et plus bas encore!

L'armée le sentait et montrait si peu de zèle, qu'après avoir pris la ville de Saint-Sébastien (1+ août), Berwick eût levé le siége de la citadelle, si la destruction des magasins de vivres par les bombes n’eût décidé la garnison à se rendre {19 août).

On n'avait pas le matériel nécessaire pour assiéger une aussi grande place que Pampelune et, d’ailleurs, il n’y avait pas là de vaisseaux à détruire. On décida de se porter en Catalogne par le revers français des Pyrénées. Berwick entra en Cerdagne, prit Urgel (2-12 octobre), puis se dirigea contre la place maritime de Roses. Une tempête brisa ou submergea la plupart des tartanes qui apportaient au camp l'artillerie et les munitions (6 novembre). Berwick ne crut pas pouvoir continuer l'attaque et ramena ses troupes en Roussillon.

La France avait dépensé 82 millions ‘ pour détruire des créations auxquelles elle eût dû accorder tous ses encouragements et tout son appui; mais l'Angleterre et Dubois avaient atteint leur but. Alberoni avait été malheureux partout. Une tempête avait dispersé l’escadre qu’il envoyait contre l’Angleterre, et les Anglais s'étaient vengés de cette menace en portant le fer et le feu sur les côtes de Galice et en y détruisant encore deux vaisseaux de ligne et beaucoup de matériaux. L'armée de Sicile, qu’on ne pouvait recruter, perdait du terrain, malgré ses exploits et ses victoires mêmes, contre des ennemis toujours renaissants 2. Les mouvements de la Bretagne avaient donné une dernière espérance au ministre espagnol : ces mouvements avaient d’autres causes que les petites intrigues de madame du Maine, et n’avaient pas cessé après la découverte de la conspiration de Cellamare. Les États de Bretagne ayant été dissous, en 1718, à la suite d’une protestation de la noblesse contre de nouveaux droits d’entrée, protestation enregistrée par le parlement de Rennes, et plusieur s membres des États ayant été exilés, les mécontents avaient essay € de riposter par une confédération à la manière polonaise et avaient colporté, pendant l'hiver, un acte d'union où l’on déciarai t

1. Lémontei, t. If", p. 275. 82 millions à 60 francs le marc; un peu moins de

74 de notre monnaie.

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