‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 68 sur 327 · DUBOIS CARDINAL. Â · texte numérisé non relu

DUBOIS CARDINAL. Â

prétendant avec les guinées du roi Georges et gagné Philippe V par son confesseur. (

La comédie était double; car Clément XI ne le cédait en rien à Dubois pour l'astuce : l'escrime défensive du saint-père valait l'escrime offensive de l’archevèque de Cambrai. Enfin, Dubois, poussant Clément au pied du mur, le réduit à lâcher du moins une promesse écrite pour la première promotion : la promesse arrive; impossible de s’en servir sans se brouiller avec l’Angleterre! Très-équivoque d’ailleurs, elle est souscrite, non pas à la prière du régent, mais sur les instances du Prétendant (14 janvier 1721). Le vieux pontife se donne ainsi le temps de mourir sans avoir Cardinalisé Dubois (19 mars).

Dubois se remit à travailler sur de nouveaux frais : il entreprit de donner la tiare à qui lui promettrait le chapeau et, l'empereur et l'Espagne lui laissant le champ libre, il réussit. Le cardinal Conti, vieillard presque en enfance, signa l'engagement et fut élu (8 mai). La nouvelle promesse, rédigée par deux cardinaux italiens, était encore très-ambiguë, et Conti, devenu le pape Innocent XIII, ne se pressa pas de tenir parole. Il fallut passer par de nouvelles tribuletions et financer derechef, dans le moment de la plus grande détresse qui suivit la chute de Law et quand on n'avait pas de quoi payer l’armée. Rome se rendit enfin et Dubois fut cardinal le 16 juillet 1721. Il en avait coûté huit millions à la France et le prix pécuniaire n’était pas le plus onéreux !.

Tout réussissait à Dubois. Les concessions qu'il avait obtenues du régent pour Rome eurent un double résultat : elles lui valurent le chapeau et lui fournirent l’occasion de réparer, en apparence?, le mal qu’il avait fait en mettant la France aux prises avec l'Espagne. Le jésuite français Daubenton, confesseur de Philippe V, était absolument dévoué à sa compagnie et assez bienveillant pour la France, à condition que les jésuites y régnassent. Dès qu'il vit le molinisme relevé et le jansénisme en disgrâce au nord des Pyrénées, il ne songea plus qu’à effacer les préventions qu’il avait

1. Sur toute cette affaire, v. Mém. secrels de Dubois, t. Ier, p. 266-426; t. II, p. 1-186. — Lémontei, t. Il, ch. x1x1. — Journal de Dorsanne, t,. I-II. 2. Il ne répara ni la destruction des forces de l'Espagne, ni la Sicile donnée aux Autrichiens!

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