XV
Aik REGENCE. f1721}
lui-même entretenues chez son royal pénitent. Un traité secret, du 27 mars 1721, fut un premier gage de rapprochement entre la France et l'Espagne. La France y promettait son concours diplomatique aux intérêts espagnols, dans un congrès qui allait se réunir à Cambrai pour statuer définitivement sur les rapports de l'empereur, de l'Espagne et de l'Italie. On eut vent, à Londres, de cet acte d'indépendance et l’on s’étonna fort que le cabinet du Palais-Royal eût osé faire un pas sans l’aveu de l'Angleterre : Dubois, effrayé, se hâta de laisser tomber le traité du 27 mars et d'offrir ses bons offices au cabinet anglais pour y substituer une autre convention, une alliance défensive entre la France, l’Angleterre et l'Espagne, accompagnée d’un traité de commerce par lequel Philippe V rendit aux Anglais tous les avantages qu’Alberoni leur avait octroyés quand il cherchait à gagner leur amitié (13 juin 1721). Dubois fit accorder, par l'Espagne, aux Anglais, en sus du traité, d'envoyer tous les ans un vaisseau trafiquer aux Indes Occidentales. Ce vaisseau en valut dix, grâce à la fraude qui renouvela sans cesse son chargement.
L’Angleterre apaisée aux dépens du commerce français, Dubois poursuivit ses plans; il avait dû sa fortune au différend survenu entre les Bourbons de France et d'Espagne; il résolut de la consolider en les réunissant au profit de la maison d'Orléans. On insinua donc à Philippe V la pensée de marier sa fille et ses deux fils, le prince des Asturies et don Carlos, héritier éventuel de Parme et de Toscane, au roi Louis XV et à deux des filles du régent, mesdemoiselles de Montpensier et de Beaujolais. Philippe V consentit. Avoir le roi de France pour gendre fut une joie pour lui; quant aux filles du régent, il les accepta précisément à cause de ses incurables soupçons contre leur père; c'était deux otages que ce prince hypocondriaque prétendait assurer à la reine infante. Ce triple mariage avait encore un autre avantage pour la maison d'Orléans que de placer avantageusement deux de ses princesses; l’infante, née en 1718, ne devait pas être nubile de fort longtemps et l’on ajournait à dix ou douze ans l’époque où Louis XV pourrait donner le jour à un dauphin.
L'échange des filles de Philippe V et de Philippe d'Orléans fut opérée sur la Bidassoa, le 9 janvier 1722. La nouvelle princesse