‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 8 sur 327 · MESURES RÉPARATRICES · texte numérisé non relu

MESURES RÉPARATRICES

prisons d’État, il y en avait beaucoup de détenus pour des causes dont personne n’avait plus connaissance. Un voyageur italien avait été arrêté le jour même de son arrivée à Paris, il y avait trente-cinq ans de cela, et ni lui, ni qui que ce fût au monde, n'en soupçonnait le motif. On crut que c'était une méprise! D’autres captifs, les victimes de la bulle, sortirent des cachots, non pas éteints et mornes comme cet infortuné, mais tout frémissants des odieux traitements que leur avaient infligés la haïne des jésuites et la basse complaisance des ministres. Le public épousait avec passion leurs ressentiments et ne pouvait trouver assez d’imprécations contre ces monstrueux effets du pouvoir absolu, que désavouaient momentanément les dépositaires de l'autorité royale, mais qui sont pourtant inséparables de tout gouvernement non subordonné aux lois ‘.

Les malheureux protestants commencèrent d’espérer que le jour de la justice luirait aussi pour eux; mais ils devaient trouver les persécutés de la veille, jansénistes et gallicans, presque aussi durs à leur égard que les jésuites.

Des édits populaires en matière d'impôts, des faveurs accordées aux sciences?, comptèrent encore parmi les actes louables des débuts de la Régence. D’autres mesures beaucoup moins dignes d’éloge commencèrent à faire entrevoir la faiblesse, l’inconséquence, la facilité insouciante qui devaient neutraliser les qualités éminentes de Philippe d'Orléans. Tandis qu’il laissait se relàcher l’étiquette et se confondre les rangs, par compensation, il attribuait exclusivement aux gentilshommes les emplois de l’administration des haras, qu’il réorganisait et que la noblesse récla-

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