‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 9 sur 327 · Saint-Simon, t. XIII, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. XIII, p

2, Le régent s’occupait avec beaucoup de sympathie de ce qui concernait l’Académie des sciences et lui donna, le 3 janvier 1716, un nouveau règlement libéral et favorable au progrès scientifique. Il protégea aussi les travaux d’érudition historique qui se poursuivaient sans interruption sur la plus vaste échelle, depuis le milieu du xvu siècle. À partir de 1717, l'Académie des inscriptions commence à publier ses Mémoires. En février 1717, nouveau règlement de l’Académie d'architecture. En 1718, une Académie des arts mécaniques est établie au Louvre, pour le”perfectionnement des métiers et la fabrication des outils, instruments et machines. Les arts industriels prennent ainsi place, dans les ateliers du Louvre, à côté des beaux-arts. C’est là un souvenir de Henri IV et le point de départ du Conservatoire des arts et métiers.

mait comme étant chose toute féodale; il prodiguait les dons à la cupidité des grands; l'abus des survivances avait reparu sur une grande échelle vers la fin de Louis XIV, sous la forme des brevets de retenue, et avait ramené de fait la vénalité et l’hérédité des gouvernements et des lieutenances; loin de remédier à cet abus, Philippe le multipliait et aliénait ainsi aveuglément cette libre disposition des charges et offices qu'il avait réclamée avec tant d'instance.

On pouvait déjà prévoir le peu de solidité de ce mouvement de réforme qui, par d’étranges combinaisons, faisait triompher l’esprit de Fénelon dans la politique*, le gallicanisme, et presque le jansénisme, dans les affaires religieuses, le Libertinage et l'incrédulité pratique dans les mœurs, où la débauche devenait une sorte d’étiquette ; on se faisait libertin par politique. Les courtisans dévots de la veille commencçaientà entretenir des filles et à se montrer ivres en public par convenance : c'était faire sa cour au Palais-Royal et au Luxembourg, où la fille bien-aimée du régent, la duchesse de Berri, se piquait de rivaliser avec les orgies paternelles. On était tellement en réaction contre la domination d’une autorité hypocrite et tracassière, que le public parisien, emporté dans un tourbillon de plaisirs et de bruit, se faisait une morale fort relâchée et tolérait chez ses nouveaux maîtres les excès et les vices les moins dignes d’indulgence. Les Parisiens, d’ailleurs, savaient gré au régent d’avoir délaissé Versailles et installé le jeune roi aux Tuileries (janvier 1716), pour pouvoir s'installer lui-même au Palais-Royal, centre de ses habitudes et de ses voluptés.

La question capitale, pour le nouveau gouvernement, c’étaient les finances; c'était là qu’il allait montrer ce dont il était capable. Il ne s'agissait plus d’expédients, mais d’un grand parti à prendre.

1. Saint-Simon, t. XIII, p. 234-288; t. XVI, p. 276-376. — À propos des haras, il n’est pas inutile de remarquer qu’on les remonta avec des étalons anglais au lieu d’étalons arabes. IL est à croire qu'ils ne s’en trouvèrent pas mieux. Villars ( Mém., p. 379) blâme vivement le régent d’avoir Ôté aux particuliers la liberté d’avoir des juments et des étalons, et assure que, depuis la réorganisation des baras, la quantité 25 NN ee ds ati de Bic 8 de re 0 MEN

2. La première édition correcte et complète du Télémaque fut publiée, en 1717, par le neveu de Fénelon, avec l'approbation et l’appui du gouvernement,

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