FIN DU CARDINAL DE NOAILLES
France; ce fut comme un dernier débris du xvwr siècle qui s’écroula ‘. |
La lutte continua sur la tombe de Noaïlles. La cour de Rome avait obtenu, par intimidation et malgré bien des protestations individuelles, la rétractation des principaux ordres religieux appelants; mais le bas clergé séculier, moins dépendant, tenait bon, appuyé sur l'opinion publique. A Paris, la bourgeoisie et les artisans soutenaient le jansénisme en immense majorité, non point par attachement à la grâce efficace ni à la prédestination gratuite, mais par haine pour les jésuites et mépris pour les évèques constitutionnaires. Une nouvelle entreprise de la cour de Rome donna aux jansénistes un redoutable auxiliaire. Benoît XIII ayant rendu général dans la catholicité l'office de saint Hildebrand (Grégoire VIT), saint béatifié à Rome du temps de la Ligue, mais nullement reconnu en France ni en Allemagne, le parlement de Paris supprima la légende de ce fougueux apôtre de l’'omnipotence papale (juillet 1729). Les parlements de Bretagne, de Metz et de Bordeaux rendirent des arrêts semblables; les évêques anticonstitutionnaires prohibèrent par des mandements l'office du prétendu saint. Le pape lança des brefs contre les arrêts des parlements et contre les mandements des évêques opposants; le parlement de Paris ordonna la suppression des brefs {septembre 1729, février 1730 ).
Fleuri avait senti qu’il était moralement impossible d’arrêter le parlement dans une telle occasion; mais il 2ttrit de grandes compensations à Rome. En novembre 1729, une lettre de cachet exclut de la faculté de théologie quarante-huit docteurs qui avaient renouvelé leur appel au concile depuis 1720; puis on fit voter de nouveau la Sorbonne, ainsi mutilée, sur la réception pure et simple de la Constitution, qui passa, malgré la protestation des quarante-huit et d’un certain nombre de leurs confrères. Beaucoup de vicaires et de prêtres attachés aux paroisses furent révoqués ou même exilés. Un bon nombre se retirèrent à Utrecht, qui devenait, depuis quelques années, une Genève du jansénisme, tolérée par le gouvernement des Provinces-Unies ; les jansénistes y