Droz, t. er, p. 182. — Bachaumont, t. VIII, p
gnan et son allié dans la guerre contre Voltaire. Ge prélat, sincère dans son intolérance, avait pour acolytes l’archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, ministre en expectative, et un jeune ecclésiastique destiné à devenir bien plus fameux encore, l'abbé de TazLeyrAND-PÉricorp, deux hommes d’Église qui croyaient tout au plus en Dieu, mais qui, du moins, avaient tâché en particulier de s'opposer aux résolutions qu’ils étaient obligés de soutenir officiellement.
Cette assemblée si rétrograde avait cependant refusé d’autoriser la fête du Sacré Cœur de Jésus, que les ex-jésuites tâchaient d'introduire par la société secrète des Cordicoles. C'était une concession à l'esprit antijésuite du parlement, qui répondit aux avances du clergé en condamnant au feu la Diatribe à l'auteur des Éphémérides, déjà prohibée par le conseil. L’avocat-général Séguier proclama, dans son réquisitoire, l’étroite union de la magistrature et du clergé. Les deux vieux adversaires se réunissaient contre l’ennemi commun.
D’autres remontrances, conçues dans un esprit bien différent, avaient été présentées au roi avant celles du clergé (6 mai 1775). C'étaient ces remontrances de la cour des aides, demeurées si justement célèbres comme la pièce historique la plus instructive qui soit émanée des corps de magistrature. À propos de quelques observations sur les conditions de son rétablissement, la cour des aides, ou plutôt son premier président, l’excellent Malesherbes, avait tracé un tableau complet du système d’impôts qui pesait sur la France et des effroyables abus qui en résultaient. Le roi pouvait tout embrasser d’un coup d'œil, le passé et Le présent. C’est là qu’on voit ces détails si poignants et si souvent reproduits sur la gabelle du sel, de ce don, « un des plus précieux que la nature ait faits à la France, si la main du financier ne repoussait sans cesse ce présent que la mer ne cesse d'apporter sur nos côtes. Il est des parages où les commis de la ferme assemblent les paysans, dans certain temps de l’année, pour subrmerger le sel que la mer a déposé sur le rivage! » C’est là encore qu’apparait à nu la démoralisation causée par le régime des douanes
1. Mém. de Bachaumont, t. VIII, p. 241 — Droz;t. I*, p. 183. —E. Daire, {ntroaction aux OEuvres de Turgot, p. xCIx.