‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 214 sur 346 · Mém. de Rochambeau, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Mém. de Rochambeau, t. Ier, p

2. Des préparatifs d'embarquement pour un troisième corps de dix-huit mille hommes, destiné à une diversion, se faisaient en même temps à Dunkerque.

sous le commandement en chef de d'Orvnliers. samas force plus imposante n'avait paru sur les mers. La terreur fut profonde en Angleterre, quand on sut que cette flotte immense se dirigeait vers la Manche. Les Anglais, affaiblis par les escadres détachées en Amérique et dans l'Inde, n’avaient plus que trente-huit vaisseaux pour couvrir les Iles-Britanniques ; presque tous leurs régiments étaient aux colonies, et leurs milices, bien que levées avec un zèle patriotique, étaient une faible défense. L’agitation de l'Irlande aggravait encore leurs périls : il ne s'agissait plus seulement de la vieille haine des Gaëls catholiques contre les dominateurs protestants d’origine anglaise ow écossaise : les Anglo- Irlandais eux-mêmes, indignés des lois égoïstes par lesquelles l'Angleterre, depuis un siècle, fermait les ports d'Irlande au profit du monopole anglais’, menaçaient de tourner contre la Grande-Bretagne les armes qu’ils venaient de prendre sous prétexte de combattre l’invasion française. Déjà l'Irlande, à l'exemple de l'Amérique, repoussait les produits anglais. L’Angleterre semblait toucher à sa ruine,

La puissance réelle des armées combinées ne répondait pourtant pas entièrement à l'apparence. L’incapacité des marins espagnols, demeurés étrangers aux récents progrès de la tactique navale, diminuait beaucoup l'utilité de leur concours?. D'une autre part, le scorbut, cette cruelle maladie que l'amélioration de l'hygiène et une rigoureuse propreté, imitée un peu tardivement des Anglais, ont aujourd’hui presque bannie de notre marine, désolait la flotte française. Le seul vaisseau La Ville-de-Paris avait perdu deux cent quatre-vingts hommes! D’Orvilliers vit mourir dans ses bras son fils unique. Son patriotisme et sa pieuse résignation lui donnèrent la. force de continuer la campagne. Le

1. Non-seulement les Irlandais étaient presque entièrement exclus du commerce avec les colonies anglaises, mais l’exportation de leurs produits naturels ou manufacturés les plus importants leur était interdite! — Les Irlandais émigraient en grand nombre pour l'Amérique : il y en avait beaucoup dans l’armée de Washington. — Hist. de la dernière guerre, t. II, p. 84.

2. Siles Espagnols manquaient de savoir, ils ne manquaient pas de courage ; ils furent justement fiers d'un combat livré à la hauteur de Cadix, où trois frégates

espagnoles prirent à l’abordage trois frégates anglaises. — Hist. de la dernière c guerre, ul D: 237

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