‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 220 sur 346 · TROUBLES À LONDRES · texte numérisé non relu

TROUBLES À LONDRES

moyennes, fit diversion aux luttes légales du parlement, et raffermit pour quelque temps le ministère. I] obtint encore la majorité dans un nouveau parlement, et put, malgré la fatigue et les souffrances de l'Angleterre, disposer, pour 1781, de sommes qui dépassaient de beaucoup celles qu'avait jamais eues entre les mains aucune administration anglaise. Le budget de la guerre atteignit 25 millions sterling (625 millions)!.

La guerre avait été moins désavantageuse aux Anglais en 1780 que l’année précédente; mais tout annonçuit que la campagne suivante exigerait de leur part des efforts inouïs pour n’être point accablés. Leur diplomatie n’était pas heureuse. Leur orgueil égoïste, leur mépris pour les droits d'autrui, étaient châtiés par un isolement absolu , tandis que la France trouvait partout, soit des alliés, soit une neutralité bienveillante. Dès le 26 juillet 1778, presque à l’ouverture des hostilités, le gouvernement français avait publié un règlement maritime favorable aux droits des neutres. Il avait été défendu à nos armateurs d'arrêter les navires neutres, même sortant des ports ennemis ou s’y dirigeant, excepté ceux qui porteraient des secours à des places bloquées ou assiégées, ou qui seraient chargés de contrebande de guerre. Ces dernières marchandises seraient confisquées; mais le navire arrêté n'aurait le même sort que si la contrebande formait les trois quarts de son chargement, ou s’il avait à bord, soit un subrécargue, commis ou officier ennemi, soit un équipage formé, pour plus d’un tiers, de sujets ennemis. Les neutres furent peu satisfaits de ces dernières restrictions; mais les sévices de l’Angleterre leur firent bien vite oublier ce léger grief. Les Anglais, foulant aux pieds le principe établi dans leurs traités avec la Hollande comme dans les traités d’'Utrecht, à savoir, que le pavillon couvre la marchandise, moins la contrebande de guerre, traitaient de contrebande toute marchandise pouvant servir à la marine, et arrêtaient sur l'Océan tous les navires neutres frétés pour la France, comme trafiquant avec des places bloquées, attendu que les ports de France sont naturellement bloqués par les ports d’'Angleterre.

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