‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 236 sur 346 · NÉGOCIATIONS · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS

commissaires américains, Franklin, J. Adams, J. Jay, H. Laurens, signèrent à Paris des préliminaires de paix avec le plénipotentiaire anglais Oswald, au lieu d’attendre, comme il avait été convenu, que le traité de la France fût achevé pour signer en même temps. À cette nouvelle, lord Richmond, le jeune Pitt et la plupart des membres du cabinet anglais voulurent rompre la négociation avec la France et offrir contre elle une étroite alliance aux Américains. L'esprit chimérique de lord Richmond et la haine passionnée dont le second Pitt avait hérité contre la France les aveuglaient sur le précipice où ils entraînaient l’Angleterre. Lord Shelburne se jeta en travers avec une énergie désespérée et les arrêta'. [ls n’avaient pas voulu voir qu’une clause capitale des préliminaires avec les États-Unis statuait que les conventions n'auraient leur effet qu’après la paix de la France conclue, c’està-dire que les Américains poursuivraient la guerre jusqu’à ce que leurs alliés eussent satisfaction. L'Amérique était si peu dans les dispositions rêvées par les Anglais, que le secrétaire d’État des affaires étrangères aux États-Unis, Livingston, bläma fort le manque de bienséance dont s'étaient rendus coupables les plénipotentiaires, comme le reconnut Franklin, qui avait « cédé trop facilement à ses collègues?. » Quant à l’idée d’une ligue avec l'Angleterre contre la France, idée qui était certes bien loin de la pensée de Franklin et de ses collègues, elle eût été huée dans le congrès.

Les préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre et entre l'Angleterre et l'Espagne furent signés le 10 janvier 1783. Le parlement les accueillit par un violent orage. Lord Shelburne paya de sa place le service qu’il avait rendu à son pays en obtenant des conditions de paix bien moins désavantageuses que la situalion ne le comportait, mais bien éloignées de ce traité de 1763, auquel l’orgueil britannique eût voulu enchaîner l’histoire. La singulière coalition Fox et North entra au pouvoir, mais se garda bien de refuser la ratification du pacte qu'elle avait

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