‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 239 sur 346 · GRANDE OUVRE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

GRANDE OUVRE DE LA FRANCE

C'est dans cet abîme, en effet, que va s’engloutir la monarchie, pour n'avoir pas su le combler à temps en y jetant les priviléges.

La guerre d'Amérique a tout à la fois ajourné et préparé la Révolution; elle a donné momentanément un dérivatif extérieur aux sentiments les plus énergiques de la France; mais ces sentiments nous reviennent, précisés, fortifiés par l’aspect des faits plus puissants que les livres et que les théories ', en même temps que les grandes charges de la guerre, alourdissant le char de l'État, que n’allége point par compensation une réforme radicale, accélèrent l'impulsion qui le précipite sur la pente fatale.

détresse : sa dette annuelle avait monté de 4 millions 1/2 sterling à 9 millions 1/2; l'impôt foncier et les autres impôts étaient énormes. — L’Angleterre avait perdu, depuis le commencement de la guerre, seize vaisseaux de cinquante à cent dix canons, et quarante-neuf frégates ou corvettes de vingt à quarante canons; la France, dix-neuf vaisseaux et vingt-neuf frégates et corvettes. V. la liste dans l’Hist. de Suffren, par Ch. Cunat, pièces justific., n° 32.— La guerre avait coûté à la France plus de 1,200,000,000; à l'Angleterre, plus du double.

1. La présence de Franklin à Paris, personnifiant la République sous une forme si respectable, exerça une grande influence morale. Nos philosophes, en discutant avec lui dans Paris la constitution américaine, se préparaient à discuter les lois futures de la Révolution française. Un publiciste royaliste, Mallet-Dupan, nous a conservé un grand mot que Franklin, dit-il, répéta plus d’une fois à ses élèves de Paris : « Celui qui transporterait dans l’état politique les principes du christianisme prinitif changerait la face du monde. »

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