‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 247 sur 346 · MSI DEMISSION DE NECKER · texte numérisé non relu

MSI DEMISSION DE NECKER

arrêtant qu'il serait rédigé des remontrances contre ce mode d'administration", » |

Necker, attaqué avec emportement par les uns, avec déloyauté par les autres, prit l’offensive en homme de cœur. Dans la position qu'on lui avait faite, une marque éclatante de la confiance du roi lui était indispensable. Ses projets étaient contrecarrés, déchirés dans le conseil du roi en son absence. Il demanda l'entrée au conseil, ce qui impliquait le rang de ministre d’état. Le roi hésitait. Maurepas l’emporta et fit répondre à Necker qu’il entrerait au conseil s’il voulait abjurer les erreurs de Calvin. Law l'avait fait en pareille occurrence; mais, pour un homme du caractère de Necker, une telle proposition était un outrage. Necker se réduisit à demander que le directeur des finances eût inspection sur les marchés de la guerre et de la marine, et que l’édit qui créait l'administration provinciale du Bourbonnais fût enregistré par lettres de jussion. Il fut encore refusé?. Il avait rempli les coffres par ses nouveaux emprunts. Les services étaient assurés pour une année entière. On crut pouvoir être ingrat sans péril. Necker ne jugea pas possible de conserver honorablement son poste : le 19 mai 1781, il adressa sa démission au roi. La reine le fit appeler et tâcha en vain d’ébranler sa résolution. Quant à Louis XVI, lassé de Necker comme il s'était lassé de Turgot, non-seulement il reçut sa démission avec plaisir, mais il fut extrêmement piqué de la forme insolite du billet que lui avait écrit le ministre démissionnaire, sur petit papier, sans titre ni vedeite, et cette infraction à l'étiquette ne contribua pas peu à fermer à Necker le retour au pouvoir i.

Dans la masse moyenne de la population et dans la forte minorité des hautes classes qui secondait le mouvement de réforme, la

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