‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 251 sur 346 · FRANCHE-COMTÉ. BRETAGNE · texte numérisé non relu

FRANCHE-COMTÉ. BRETAGNE

province". Ils résolurent de ne pas voter de subsides, si le roi ne consentait à recevoir une députation chargée de lui exposer leurs droits. Le roi reçut les députés, et, au lieu de les écouter, leur enjoignit l’obéissance, en déclarant que ses ordres n’avaient rien de contraire aux priviléges que « ses prédécesseurs avaient bien voulu accorder à sa province de Bretagne. » Les États répondirent par une Îcttre presque républicaine : «Nos franchises sont un contrat et non un privilége… Votre Majesté a juré d'observer nos lois et notre constitution... Les conditions qui vous assurent notre obéissance sont des lois positives. »

La noblesse soutint ce langage altier avec plus de vigueur que les deux autres ordres, ce qui ne tenait pas à l’infériorité d’énergie dans la bourgeosie, mais à la façon peu démocratique dont s’élisait la représentation du tiers. La noblesse s’opposa à ce qu’on délibérât sur les subsides réclamés par le roi, jusqu’à ce que les États eussent recouvré leur indépendance. Le gouverneur fit entrer des troupes dans Rennes, en violation des lois qui interdisaient à la force militaire d'approcher de dix lieues la ville où siégeaient les États de Bretagne. Par l'intrigue, plus encore que par la menace, le gouverneur et l’évêque de Rennes parvinrent enfin à gagner la portion la plus pauvre de la noblesse. La majorité se soumit : une centaine de gentilshommes persistèrent dans leur protestation?.

Tout était inconséquence dans Louis XVI. Il s’effrayait quand ses ministres lui proposaient de changer les formes anciennes pour réaliser des réformes nécessaires, et, en même temps, il violait les vieilles lois par des boutades d’arbitraire, tout comme eût pu faire son aïeul, ne sachant être franchement ni despote, ni réformateur, ni conservateur.

Les symptômes d’agitation se montraient dans les conditions les plus diverses. En Provence et en Dauphiné, c'était le bas clergé

1. Le recueil des Anciennes lois françaises, t. XXIV, p. 355, contient un arrêt du conseil cassant une déibération des États de Bretagne. parce qu'ils ont nommé, pour les ordres de la noblesse et du tiers, d’autres députes que ceux recommandés ar le gouverneur (1776). Le second ordre du clergé (bas clergé) de Bretagne réclama avec une grande énergie contre un autre arrêt du 4 noyembre 1780, qui Vexcluait de la députation. — Mémoires secrets, t. XVII, p. 27.

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