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Droz, t. Ier, p

510 LOUIS XVL (1782-1783)

qui fermentait. Les pauvres curés à portion congrue se rassemblaient pour formuler leurs plaintes et nommer des syndics et des députés. Ceux du diocèse de Vienne « firent imprimer des mémoires contraires au respect dû aux évêques, leurs supérieurs, » dit la déclaration royale qui prohibe leurs assemblées (9 mars 1782).

La guerre, cependant, était finie, très à point pour le ministre des finances, qui sentait la ressource des emprunts s’épuiser et la confiance se retirer de lui à mesure que le public pénétrait davantage sa vraie pensée, hostile aux réformes. Joli de Fleuri voulut, néanmoins, faire des économies à sa manière. D'accord avec Vergennes et le garde des sceaux, qui composaient avec lui le nouveau comité des finances, il fit autoriser le Trésor, par arrêt du conseil, à suspendre le paiement des lettres dechange qui venaient des colonies; c'était manquer à la for publique envers ces colons qui avaient tant contribué au succès de la guerre et prendre une banqueroute pour une économie. Le ministre de la marine s’indigna qu’on eût mis son nom au bas d’une telle mesure sans le consulter. Joli de Fleuri récrimina sur les dépenses de la marine, comme naguère Necker contre Sartine, et parla de déprédations. Mais le fier et loyal Castries n’était pas un Sartine : il poussa si rudement Fleuri, que Vergennes n’osa soutenir celui-ci. Fleuri donna sa démission, échappant ainsi, sans trop de regrets, aux immenses embarras qu’il prévoyait (mars 1783).

Le garde des sceaux Miromesnil, du consentement de Vergennes, fit donner pour successeur à Fleuri un autre conseiller d'état, d'Ormesson, qui n’accepta qu’en tremblant. « Sire, je suis bien jeune, » disait-il au roi en le remerciant d’un si difficile emploi. « Je suis plus jeune que vous, » répliqua Louis, « et j'occupe une plus grande place que celle que je vous donne! »

Leur malheur à tous deux n’était pas la jeunesse, mais l’incapacité. La probité laborieuse de d’Ormesson ne pouvait suppléer au manque de force et d’étendue dans l'esprit. Le nouveau contrôleur-général lutta contre l’avidité des courtisans : il résista aux frères du roi qui, non contents de leurs énormes apanages,

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