‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 286 sur 346 · Bailli, t. 11, p · texte numérisé non relu

Bailli, t. 11, p

les lui avait confiées et les efforts d’abord heureux qu’il avait faits pour les relever, il détlara nettement que « le moment actuel cachait un terrible embarras sous l'apparence de la plus heureuse tranquillité; que la France ne se soutenait que par une espèce d'artifice, — Il est nécessaire de prendre bientôt un parti qui fixe le sort de l’état. — Il existe un déficit de 100 millions par an*. On ne peut combler un vide aussi énorme que par de grands moyens, Ces moyens ne doivent pas augmenter le fardeau des impôts, qu’il est même nécessaire de diminuer. — Le plan que j'ai formé, ajoute-t-il, me paraît le seul qui puisse résoudre un problème aussi difficile. Jose croire qu’on n’en a pas conçu de plus vaste, de plus digne d'illustrer votre règne et d’assurer la prospérité de votre empire... Ge sera peut-être l'affaire de six mois ou d’un an au plus?. »

Le plan annoncé en termes si pompeux fut présenté en secret au roi le 20 août 1786. Sans admettre que Calonne l’eût profondément combiné trois ans d'avance et n’eût comblé le mal que pour rendre le remède indispensable, on doit au moins confesser qu'il avait, comme il le dit lui-même, pris promptement son parti. L'idole des courtisans, le ministre des abus, signifiait que le seul moyen de salut était « la réforme de tout ce qui existe de vicieux dans la constitution de l’état. Il est indispensable de reprendre en sous- œuvre l'édifice entier pour en prévenir la ruine. Sire, le succès élèvera votre nom au-dessus des plus grands noms de cette monarchie et vous mériterez d’en être appelé le législateur. »

Après un tableau, qui semble emprurté à Turgot, de l’inégalité, de l’incohérence, de l’absence d’unité et d'harmonie qui rendaient le royaume impossible à bien gouverner, Calonne proposait d’effacer toute distinction entre les pays d'États, les pays d'élection, les pays d'administration provinciale et d’administration mixte. On appliquerait à tout le royaume un système d’administrations provinciales reposant sur des assemblées de trois degrés : 1° l’assemblée de paroisse; 2° l'assemblée de district; 3° l’assemblée de la province. Ces assemblées feraient connaître le

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