‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 300 sur 346 · RES BRIENNE ET LES NOTABLES · texte numérisé non relu

RES BRIENNE ET LES NOTABLES

décidé; l'autre, pour la réforme du code criminel, Il est juste d'observer que ce fut un évêque, M. de La Luzerne, qui appuya et fit passer la motion sur les protestants, fait d'autant plus notable et d'autant plus nouveau, que l’évêque de Langres était dévot et non pas philosophe. M. de la Luzerne alla plus loin et accepta d'avance Ja liberté des cultes, en disant qu’il aimait mieux des temples dans les villes que des prêches au désert‘. L’antique esprit de saint Martin et du christianisme évangélique reparaissait enfin pour donner la main à la philosophie contre le catholicisme persécuteur.

Les Notables, ne voulant pas prendre, aux yeux des provinces, la responsabilité de voter ou même de proposer des impôts, finirent par déclarer qu’ils s’en remettaient à la sagesse du roi‘pour décider quelles contributions auraient le moins d’inconvénients, s’il était vraiment indispensable de demander à la nation de nouveaux sacrifices; c’est-à-dire que les Notables donnèrent leur démission entre les mains du roi,

La séance de clôture eut lieu le 25 mai. On entendit beaucoup de périodes retentissantes, beaucoup de contre-vérités sur l’union des cœurs et l'unité des principes, sur les grands résultats de l’assemblée. La confiance de Calonne avait passé dans son successeur; mêmes assurances qu’on va sortir de péril; que tout est fini. quand tout commence! — Quelques années auparavant, on eût obtenu grand effet d’une phrase telle que celle-ci :

« La corvée est proscrite; la gabelle est jugée, les entraves qui gêénaient le commerce intérieur et extérieur seront détruites, ct l’agriculture, encouragée par l'exportation libre des grains, deviendra de jour en jour plus florissante. »

Mais les choses valent selon les temps et les lieux : c’est ce que les Bourbons n’ont pas su comprendre; c'était dix ans trop tard!

Brienne termina en protestant de la volonté du roi de limiter la durée des nouveaux impôts, ainsi que de maintenir les formes et les prérogatives des deux premiers ordres, essentielles à la monarchie, et qu’il importait de ne pas confondre avec l’égale révartition de l’impôt?.

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