‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 301 sur 346 · Mém. de La Fayette, t. Il, p · texte numérisé non relu

Mém. de La Fayette, t. Il, p

2. V. tout ce qui regarde cette assemblée dans le recueil irititulé : Assembiée des

Ce n’était pas au profit de la royauté que les Notables avaient donné leur démission. On allait bientôt s’en apercevoir. Elle eût pu toutefois en tirer un bénéfice momentané et gagner peut-être encore du temps, si Brienne avait eu quelque peu de coup d’œil politique. Tout le monde s'attendait à une séance royale où le roi ferait enregistrer en bloc au parlement l’ensemble des édits d'administration et de finances consentis dans des termes généraux et indirects par les Notables. Il n’y eût point eu de violente explosion d'opinion à ce sujet. Brienne eut l'incroyable maladresse d'envoyer les édits un à un. Les trois premiers, sur la liberté du commerce des grains, sur les assemblées provinciales, sur l’abolition de la corvée, passèrent sans difficulté (17-22-27 juin). Restaient l'impôt du timbre et la subvention territoriale. Il était de toute évidence qu’il fallait commencer par celui de ces deux impôts dont le principe était populaife et que le parlement ne pouvait repousser qu’en repoussant, au nom des priviléges, la base de l’égale répartition, c’est-à-dire en se couvrant d’un discrédit immense. Brienne fit tout le contraire. Il envoya l’édit du timbre le premier! Le parlement, comblé de joie par cette faute, se sentit maître de la situation : il réclama, à l’exemple des Notables, communication des états de finances, afin de se rendre compte des besoins du trésor avant d'enregistrer (6 juillet). Le ministère refusa. Au milieu de l’orageuse délibération qui suivit ce refus, un conseiller-clerc, Sabatier de Cabre, s’écria tout à coup : « On demande des états, ce sont des États-Généraux qu’il nous faut ! » Ce jeu de mots se transforma en une proposition formelle, et la Compagnie arrêta que des commissaires rédigeraient des remontrances pour supplier le roi de retirer sa déclaration sur le timbre et exprimer le vœu de voir la NATION ASSEMBLÉE préalablement à tout impôt nouveau (16 juillet).

Les Notables avaient abdiqué entre les mains du roi : le parle. ment abdiquait dans les mains de la NATION.

C'était le renversement de toutes ses traditions; lui, jusque-là

Si jaloux des États-Généraux, si désireux de ne pas les voir repa-

Notables, 1787; 2 vol. in 4°. — Les séances générales se trouvent aussi dans l’Introduction au Moniteur.

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