TURQUIE. HOLLANDE
de Catherine IT en Crimée et par l’entrevue de la tzarine avec l'empereur Joseph IT au bord de la mer Noire, déclarèrent donc la guerre aux Russes, dans un moment où Catherine ne songeait pas à une attaqne immédiate ni même prochaine contre la Porte, et où Joseph IT était plus préoccupé des troubles suscités dans les Pays-Bas autrichiens par ses innovations que disposé à se battre sur le Danube {août 1787). Les ambassadeurs français tentèrent en vain d’éteindre le feu allumé en Orient par les Anglais.
D'autres intrigues, sur ces entrefaites, attaquaient de plus près la France. L’Angleterre, et surtout son instrument, la Prusse, agissaient plus ostensiblement en Hollande qu’en Turquie. Le gouvernement français avait eu grand tort, comme le remarque très-bien Mirabeau’, de ne point affranchir la Hollande en même temps que l'Amérique, c’est-à-dire de ne pas profiter de l’indignation excitée par les infàmes trahisons du prince d'Orange pour faire abolir le stathoudérat. La question, que le gouvernement français n'avait pas eu l'énergie de trancher durant la guerre d'Amérique, restait pendante, depuis la paix, entre l’indigne chef du pouvoir militaire, soutenu par une coalition d’aristocratie et de populace, et les principaux magistrats appuyés sur la partie éclairée et patriotique du peuple des Sept Provinces. Les tentatives du stathou- -der pour faire massacrer dans des émeutes les chefs du parti républicain, les violences commises par les troupes à ses ordres poussèrent à bouties patriotes. La province de Hollande suspendit le prince d'Orange des fonctions de capitaine-général. Le stathouder invoqua l'intervention du roi de Prusse, frère de sa femme, et l'ambassadeur anglais à La Haie souffla le feu de tout son pouvoir. Le roi Frédéric-Guillaume hésita toutefois d’abord à se mettre en opposition ouverte avec la France, et il y eut un essai de médiation en commun par la France et la Prusse. Le stathouder, excité par sa femme, vrai démon d’orgueil et de méchanceté, refusa les conditions d’accommodement (janvier 1787).
M. De Vergennes vint à mourir. Il n’avait pas eu toute la vigueur désirable ; mais, après lui, ce fut bien pis : il n’y eut plus, on peut le dire, de diplomatie française. L’attitude de la Prusse devenait