‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 313 sur 346 · ARRÊTÉ DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

ARRÊTÉ DU PARLEMENT

et de chacun des ordres réunis ou séparés qui forment la nation.»

Tout ce qui, dans ces maximes, regarde les provinces, eût convenu au xv° siècle plus qu’au xvnr, et aux parlements provinciaux plus qu’au parlement de Paris, autrefois si unitaire; ce n’était là ni la Déclaration des droits américaine, ni celle que la France allait bientôt jeter à la face du monde par l'organe de représentants plus légitimes que le parlement; mais c'était une contre-mine parfaitement dirigée et ouverte à temps pour éventer le travail souterrain du ministère.

De nouvelles remontrances furent, en outre, rédigées pour répliquer à la réponse du roi, du 17 avril.

« Les ministres, disent les parlementaires au roi, nous imputent le projet insensé d'établir une aristocratie de magistrats. Quel moment ont-ils choisi pour cette imputation? Celui où votre parlement, éclairé par les faits et revenant sur ses pas, prouve qu’il est plus attaché aux droits de la nation qu’à ses propres exemples. — La constitution française paraissait oubliée; on traitait de chimère l’assemblée des États-Généraux. Richelieu et ses cruautés, Louis XIV et sa gloire, la Régence et ses désordres, les ministres du feu roi et leur insensibilité, semblaient avoir pour jamais effacé des esprits et des cœurs jusqu’au nom de la nation. Tous les états par où passent les peuples pour arriver à l'abandon d'eux-mêmes, terreur, enthousiasme, corruption, indifférence, le ministère n'avait rien négligé pour y laisser tomber la nation française. Mais il restait le parlement. On le croyait frappé d’une léthargie en apparence universelle :. on se trompait. Averti tout à coup de l’état des finances. il s'inquiète, il cesse de se faire illusion, il juge de l'avenir par le passé; il ne voit pour la nation qu’une ressource, la nation elle-même... Il se décide, il donne à l'univers l'exemple inouï d’un corps antique. tenant aux racines de l’état, qui remet de lui-même à ses concitoyens un grand pouvoir, dont il usait pour eux depuis un siècle, mais sans leur consentement exprès. Il exprime le vœu des États-Généraux.. Votre Majesté... les promet, sa parole est sacrée. Les États- Généraux seront donc assemblés! A qui le roi doit-il ce grand dessein? À

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