introduction au Moniteur, p
qui la nation doit-elle ce grand bienfait?...— Non Sire, point d’aristocratie en France; mais point de despotisme ‘!»
Dès le lendemain (4 mai), les arrêtés du 29 avril contre les contrôleurs des vingtièmes, et du 3 mai sur la déclaration de principes, furent cassés par le conseil, et l'ordre fut donné d’enlever les promoteurs des deux arrêtés, Goislard et d'Éprémesnil. Ues deux conseillers, prévenus, se réfugièrent, de nuit, au Palais même. Le parlement se rassembla de grand matin le 5 mai, rendit arrèt pour mettre les magistrats menacés sous la sauvegarde du roi et de la loi, dépêcha une députation à Versailles et décida de ne pas désemparer jusqu’au retour des députés. La nuit d’après, les gardes françaises entrèrent dans le Palais à travers une foule irritée et grondante, et investirent la grand’chambre, où siégeaient les magistrats renforcés d’une dizaine de pairs. Un capitaine aux gardes, le marquis d’Agoult, vint donner lecture d’un ordre du roi qui lui prescrivait d'arrêter MM. Duval d’Éprémesnil et Goislard partout où il les trouverait. Il demanda qu’on les lui indiquât. — « Nous sommes tous Duval et Goislard! » s’écria tout d’une voix l’assemblée; « si vous prétendez les enlever, enleveznous tous! »
L'officier se retira pour faire son rapport. Les députés revinrent de Versailles sans avoir été reçus. L’officier reparut à onze heures du matin et réitéra sa sommation; personne ne lui répondit. Il fit entrer un exempt pour reconnaître d'Éprémesnil et Goislard. L'homme de police, saisi par l'entraînement sympathique de ce spectacle, déclara qu’il ne les voyait pas. Le capitaine d’Agoult sortit de nouveau. Les deux conseillers et leurs collègues jugèrent qu'on avait fait assez pour réserver le droit. On rappela d’Agoult, et d'Éprémesnil se désigna lui-même et suivit cet officier après une éloquente protestation. Goislard en fit autant, et le parlement se sépara, après plus de trente heures de séance, en arrêtant des remontrances pour la liberté de ses deux membres, « arrachés avec violence du sanctuaire des lois. »
Le surlendemain 8 mai, au matin, le parlement fut mandé à Versailles pour le lit de justice auquel on s’attendait. Le roi parla