‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 319 sur 346 · ÉTATS-GÉNÉRAUX CONVOQUÉS · texte numérisé non relu

ÉTATS-GÉNÉRAUX CONVOQUÉS

tous savants et personnes instruites, étaient invités à adresser au garde des sceaux tous renseignements et mémoires sur le même sujet‘.

La main qui avait voulu restaurer le despotisme déchaînait de fait la liberté de la presse! Le calcul de Brienne était juste en ce point, que le Tiers-État ne pouvait manquer d'entrer en lutte contre les ordres privilégiés dans cette lice qu’ouvrait la royauté; mais s’imaginer diriger les coups du Tiers-État au profit de la royauté était un absurde anachronisme.

Il n’était plus possible d’éluder le prodigieux mouvement d’opinion auquel le gouvernement venait lui-même d'imprimer une impulsion nouvelle. Le ministre, puis le roi, se résignèrent. Le 8 août, un arrêt du conseil fixa au 1° mar 1789 la tenue des États- Généraux et suspendit jusqu’à cette époque le rétablissement de la cour plénière.

On en venait donc à cette date fatidique, désignée, dès l’année précédente, par le doigt de Mirabeau! La vieille société, par l’organe de son pouvoir suprême, marquait elle-même son heure?.

Un pareil appel, fait à temps, eût été accueilli par un transport de joie et de gratitude unanime. La France fut remuée jusque dans ses dernières profondeurs, mais elle ne se crut pas tenue à la reconnaissance envers ceux qui l’appelaient malgré eux, aveugles et fragiles instruments d’une œuvre immense. Tandis que Farrêt de convocation retentissait d’échos en échos, le ministre qui l'avait fait rendre s’abimait dans l’ignominie. Brienne, à bout d’expédients, n’avait pas eu honte de s'emparer du produit de souscriptions destinées à fonder quatre nouveaux hôpitaux dans Paris, et des fonds d’une loterie ouverte pour soulager les victimes d’une grêle qui venait de ravager nos plus fertiles con-

trées à soixante lieues à la ronde autour de la capitale! Le

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