‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 324 sur 346 · Introduction au Moniteur, p · texte numérisé non relu

Introduction au Moniteur, p

2. Il y eut, dit-on, plus de trois mille brochures dans les dix mois entre juillet 1788 “et mai 1789.

3. Les privilégiés n'étaient pas même d'accord pour répondre qu’on avait une Constitution. Les princes du sang l'avaient revendiquée : d'Éprémesnil, dans une brochure de janvier 1789, se déchaîne contre « l'imbécillité de ceux qui soutiennent

même nous en aurions une, nous aurions le droit de la changer : les morts ne peuvent lier les vivants. — Pas d’érudition! ne travestissons pas en combats de chartes et de titres la question des droits de l’homme. » La distinction des trois ordres est vivement attaquée. Aux champions de la noblesse qui rappellent perpétuellement le sang des gentilshommes versé pour la patrie, on répond par le grand mot : « Et le sang du peuple était-il de l'eau? » Un pamphlet s'intitule : le GLORIA IN ExCELSIS du peuple, suivi de Prières à l'usage de tous les ordres, contenant le MAGNiFICAT du peuple, le Miserere de la noblesse, le DE Prorunnis du clergé, le Nuxc DiMiTTIs du parlement, la PASSION, LA MORT ET LA RÉSURRECTION DU PEUPLE. L'avocat-général Servan veut que les États-Généraux débutent par la déclaration des Droüts de l'homme et du citoyen, portique nécessaire de l'édifice de la Constitution. — Mirabeau demande la suppression des parlements, qui seraient remplacés par des juges électifs et temporaires. Il abandonne l'opinion qu’il avait exprimée ailleurs sur l'attribution du droit électoral aux seuls propriétaires; ce qui serait, dit-il, « un grand pas vers l’inégalité politique. — Il ne doit exister aucun individu dans la nation qui ne soit électeur ou élu : tous doivent être représentants ou représentés. — La représentation doit être égale, c’est-à-dire chaque agrégation de citoyens doit choisir autant de représentants qu’une autre de même importance ‘. — Sans le Tiers, les deux premiers ordres ne forment certainement pas la nation, et, seul, sans ces deux premiers ordres, il présente encore une image de la nation. Je ne dirai pas que l’ordre de la nation doit l’emporter sur les ordres qui ne sont pas la nation : je léguerai ce principe à la postérité.… Je ne veux pas être, du moins dans les assemblées politiques, ni plus juste ni plus sage que mon siècle. »

Mirabeau écrivait ces lignes au moment même où le Tiers-État de Bretagne l’emporiait, de haute lutte, sur les ordres qui ne sont pas la nation. Les faits allaient montrer combien le siècle en

que la France n’a pas de Constitution. » Pendant ce temps, Besenval avoue, dans ses Mémoires, qu'il n’y en a pas; » qu’il n'y a que des faits et des traditions. » Plus tard, Calonne écrit contre ; Monthion écrit pour.

1. Il entend par importance la combinaison du nombre des habitants, de la richesse du pays et des services que l’état retire des hommes et des fortunes, — /ntreduction au Monileur, p. 600. .

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