‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 45 sur 346 · Dans un autre livre, l’Essai sur l’origine des Langues · texte numérisé non relu

Dans un autre livre, l’Essai sur l’origine des Langues

2, Zoroastre, au contraire, représente l’acte de semer de forts grains sur la lerre bien préparée comme l'acte le plus pur de la loi de Dieu. Vendidad, fargard III. — Djemchid, le défricheur, est béni d'Ormuzd. Ibid., fargard II.

8, 11 y a ici quelque réserve à faire. Le progrès moral n’avait pas suivi le progrès des connaissances : la société avait reculé moralement à certains égards; mais elle avait avancé sous d’autres ; l'expansion du sentiment d’humanitè était un incontes-

table bienfait de la philosophie.

oubliant son point de départ et les bases immuables des choses, est arrivé à méconnaître sa propre raison d’être; que l’homme. enfin, s’est séparé de la Nature et de Dieu.

Avertissement prophétique, cri d'angoisse de l’âme, qui n: pouvait se transformer en thèse rationnelle sans se heurter à l'impossible! Condamner tout progrès chez un être perfectible, c'était vouloir que le Créateur eût fait une œuvre vaine; c'était s’obliger à remonter au delà de l’état de tribu, auquel Rousseau était entraîné par son imagination et qui est déjà le résultat d’une infinité de progrès, jusqu’à un état primitif et absolu. Rousseau pousse donc résolûment jusqu’à l’animalité; mais, là, sa raison lui montre les différences essentielles entre l’homme et l’animal, qui ont fait que cet état n’a pu durer, n’a peut-être jamais existé, comme il l’avoue dans sa préface. Ce qu’il ne voit pas, c’est que l’'homme-animal, sil a existé, a dû être la plus misérable des créatures, précisément parce qu’il était la seule perfectible. La Nature même, en ne vêtissant pas l’homme et en le rendant moins fort, moins agile, moins armé que les grands animaux de proie, le forçait providentiellement à sortir de la Nature et à développer ses facultés endormies. Le chasseur sauvage, tel que nous le connaissons, déjà fort éloigné de cette condition primitive, mène encore une existence bien précaire, et Rousseau se fait d’étranges illusions, encore partagées par beaucoup de ses contemporains, sur la prodigieuse population des sauvages et des barbares, population, au contraire, infiniment moindre que celle des sociétés civilisées, par la raison toute simple que les subsistances sont chez elle infiniment plus rares et moins assurées.

Il serait inutile d’insister sur des erreurs historiques ou des abus de logique que Rousseau a réparés ou amoindris singulièrement dans ses ouvrages postérieurs, si la guerre qu’il avait faite à la civilisation, aux sciences et aux lettres, aux élégances de l’esprit et des mœurs, interprétée par des natures violentes et grossières ou par des intelligences faussées, n’eût pu fournir un jour des prétextes à la barbarie, prête à sortir de l'excès même de la civilisation et de l’inégalité. Les écrivains ne savaient point encore (et c’est l'excuse de bien des témérités) quelle puissance et quelle responsabilité emporte la parole, et que le temps approchait où

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