DROIT. POTHIER. THÉATRE
Ce grand mouvement d'opinion se traduit partout dans les habitudes. A côté des indices que nous en avons signalés se produisent d’autres symptômes moins graves, mais que l’histoire ne doit pas négliger. Ainsi, le costume commence à devenir moins fastueux et moins artificiel, à la fois par une modification spontanée et par l’imitation des Anglais. Les étoffes unies, les couleurs sérieuses, reparaissent chez les hommes, et, chez les femmes, cette élégante simplicité tant célébrée par Rousseau dans ses héroïnes. Les paniers et les vastes coiffures auraient déjà disparu, si l'étiquette de cour ne les maintenait contre l’esprit novateur, Les femmes ne tarderont pas à rendre à leur chevelure sa liberté et ses couleurs naturelles. Le-retour à la nature est invoqué dans les petites choses comme dans les grandes.
Les signes les plus marqués d’une révolution morale se manifestent dans les arts. Les sentiments de patriotisme, de nationalité française, se font jour dans la tragédie, applaudis par Rousseau, malgré la forme monarchique qu’ils revêtent encore, et quoiqu'il n’y ait guère à louer que l'intention chez le poëte de Belloi. Les tendances nouvelles sont exprimées avec plus de bonheur sur une autre scène. De 1760 à 1780 s’épanouit dans tout son éclat cette école si française de l’opéra-comique, ce drame familier en prose mélée de chant, qui réalise en partie les vœux de Diderot et qui dément le système de Rousseau sur l'incapacité musicale dela France, tout en puisant à pleines mains l'inspiration chez Rousseau lui-même, mais chez Rousseau tempéré et adouci. Sedaine et d’autres écrivains prêtent un heureux concours aux musiciens, au gracieux Dalairac, à Monsigni, artiste tout de sentiment , qui chante d'instinct, comme le dit son illustre émule, ce Grétri ', dont les simples et rapides mélodies, brillantes d'une éternelle jeunesse, nous ravissent encore par le contraste même avec les œuvres colossales de cette musique moderne qui succombe sous les complications de sa science et sous le poids de ses
rité, ce n’est pas seulement sa logique et sa lucidité ; c’est surtout le caractér essentiellement moral de sa méthode : fidèle à la tradition de Domat, il procéde toujours du for intérieur, du tribunal de la conscience, du juste en soi, au droit positif. Il sera la source principale du Cope civic pour les contrats, la meilleure partie de ce Code, et il en restera le meilleur commentaire.