ARRÊTS CONTRE LES JÉSUITES
et du général, ce fut de fermer les yeux sur l'adhésion que donneraient les jésuites français, mais sans le leur permettre par écrit, afin de se réserver, dans un temps meilleur, d’anéantir la déclaration comme subreptice !.
L’expédient était dérisoire. 1e roi ne vourut pas rompre encore. Les commissaires du ‘conseil consultèrent les archevêques et évèques présents à Paris sur l’utilité dont pouvaient être les jésuites et sur les moyens de remédier au despotisme de leur chef. L'esprit du haut clergé était bien changé par la longue domination moliniste : sur cinquante et un prélats, un seul se déclara pour l'abolition des jésuites; cinq, pour qu’on les maïntint seulement comme colléges et non comme institut; tous les autres supplièrent le roi de les conserver, « comme la religion elle-même, » mais avouèrent la nécessité de graves modifications dans leur institut. On s'arrêta à proposer au général de déléguer ses pleins pouvoirs pour la France à cinq vicaires provinciaux, qui prêteraient serment aux lois du royaume entre les mains du chancelier, s’engageraient à faire enseigner les Quatre articles de 1682, n’admetiraient aucun jésuite étranger en France sans permission du roi, subiraient l’inspection des parlements dans leurs colléges (janvier 1762). Un édit rédigé sur ces bases, le 11 mars 1762, fut envoyé au parlement de Paris, comme si l’on eût été assuré que cet ultimatum serait accepté à Rome ?.
On sait la réponse attribuée au général Ricci : Sint ut sunt, aut non sint ! (Qu'ils soient ce qu’ils sont, ou ne soient plus!) Le mot a été contesté; ce qui est sûr, c’est Le refus. L’acceptation était impossible. Pour une théocratie cosmopolite, s’encadrer dans un état et dans une église nationale, passer sous le joug des lois civiles, c'était le suicide. Mieux valait mourir en combattant que mourir en se reniant soi-même. Le pape chercha à réveiller ce qui pouvait subsister de fanatisme en France : n’osant recourir aux foudres éteintes du moyen âge, il tâcha du moins de re-