‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 9 sur 346 · Voir notre t. XV, p · texte numérisé non relu

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(1743-1749) SCIENCES. D’AL£EMBERT. 47

Nous avons déjà nommé quelques-uns des hommes éminents qui soutiennent l'honneur de l’Académie des sciences, les Mairan !, les Clairaut, les Fontaine, etc. La France savante garde la haute position qu’elle a conquise. Peut-être est-ce dans les mathématiques qu’elle à encore une prépondérance décidée. Un esprit supérieur s'y est révélé : d’Alembert, destiné plus tard à un rôle acüf, quoique circonspect, dans une sphère moins paisible que celle de la géométrie. Fils naturel de la fameuse chanoinesse Tencin, abandonné, par ordre de sa mère, sur les marches de l'église Saint-Jean-le-Rond, recueilli et élevé par une pauvre vitrière, qui reste toujours pour lui sa véritable mère, quand l’autre voudrait en vain plus tard revendiquer un fils devenu illustre, il sort très-jeune de l'obscurité par des talents précoces au service d’un caractère indépendant et d’un esprit habile. En 1743, à vingt-six ans, son traité de Dynamique le place au sommet de la science contemporaine : son principe de l’Égalité entre les changements qu'éprouve le mouvement des corps et les forces employées à produire ces changements, détermine une vraie révolution dans la géométrie appliquée à la mécanique ?. En 1746, il invente un nouveau calcal, le Calcul intégral aux différences partielles, instrument puissant pour les progrès ultérieurs. En 1749, il résout le problème de la précession des équinoxes; puis il publie des Recherches sur différents points importants du système du monde. Il parvient au plus haut rang parmi les hommes rares qui ont su marier à la solidité des sciences l'élégance des lettres; mais cet esprit clair, ferme, méthodique, qui n’a que de la lumière sans chaleur et de la raison sans imagination, est impropre aux sciences de la vie, comme Voltaire, mais par d’autres causes. D’Alembert brille dans les mathématiques appliquées à la théorie des sciences physiques, de l'astronomie, de la mécanique, de

1. On lui doit, outre ses découvertes dans les sciences exactes, d’avoir, le premier chez nous, fait connaître les vrais caractères de la langue et de l'écriture chinoises, et préparé, sous plus d’un rapport, les grandes découvertes modernes sur l’idéographie égyptienne. Il fut auprès de l’Europe le vulgarisateur des travaux du père Parennin, ce jésuite qui joua un rôle si important et si original à la Chine, où il avait été conservé comme mathématicien, après la persécution de 1722.

2. Pendant ce temps, dans la mécanique pratique, les ingénieuses inventions de Vaucanson familiarisent le public avec les progrès de la science.

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