‹ Histoire De France Volume 16Chapitre 94 sur 346 · Bailli, Hist, financière de la France, t. Il. XVI · texte numérisé non relu

Bailli, Hist, financière de la France, t. Il. XVI

ment et de celle des arrérages fussent placées sous sa surveillance; qu’un terme prochain fût assigné aux deux premiers vingtièmes et aux dons gratuits. Il repoussa les nouveaux impôts et la liquidation forcée (19 mai 1763). Le roi imposa l'enregistrement dans un lit de justice (31 mai). |

L'opinion publique s’'indigna. Sur ces entrefaites, la statue équestre du roi, œuvre de Bouchardon, fut inaugurée sur la place, depuis si tragiquement fameuse, qui portait alors le nom de Louis XV. Aux quatre angles du piédestal étaient adossées la Force, la Paix, la Prudence et la Justice. Un matin, on trouva aux pieds de l'effigie royale l'inscription suivante :

O la belle statue! Ô le beau piédestal!

Les Vertus sont à pied et le Vice à cheval.

Puis cette autre :

Il est ici comme à Versailles :

Il est sans cœur et sans entrailles.

L'opinion applaudit avec énergie aux nouvelles remontrances qui suivirent le lit de justice (24 juin, 10 août). Le parlement de Paris y tenait un langage qu’il n’avait jamais fait entendre à une oreille royale. Il y flétrissait, dans les termes les moins ménagés, «l'infraction manifeste des engagements les plus authentiquement contractés, des paroles les plus solennellement données par le roi. » Il attaquait à fond les lits de justice comme renversant tout ordre légal ‘. Il affirmait que «la vérification des lois au parlement est une de ces lois qui ne peuvent être violées sans violer celle par laquelle les rois mêmes sont... On y compromet l'autorité du roi avec la constitution la plus essentielle et la plus sacrée de la monarchie! » Les remontrances de la cour des aides accompagnèrent celles du parlement de Paris (23 juillet). Ce tribunal spécial, sous la direction éclairée et généreuse de son

1. Mercure historique, t. CLV, p. 47, 137. — Les plaintes du parlement attestent qu'au moment même où l’économie politique remettait l’agriculture en honneur, les agents du fisc foulaient aux pieds les principes admis par Colbert et par tous les hommes d’État dignes de ce nom en faveur des classes agricoles. « On voit journellement des malheureux contraints au paiement d'impôts par la vente de leurs grains, de leurs bestiaux, même de leurs outils. » Ibid., p. 147.

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