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tut nison conservant toujours une supëriorité décidé^. Fréddric était obligé da diriger lui-mémo la continuation des travaux, cs^x le majqr Lefèvr^i chargé de leur conduite, avait comme perdu la téta devant la savante défense de Gribeauval * ,
Déjà les assiégés avaient Iqncé cent yingt'^inq millo boulets ou bombes, etle» aspiégeants soixante**un mille, quand, le 8 octobre, une bombe fit sauter le magasin à poudre du fort de Jauernick, avec près de trois cents grenadiers autrichiens ; le lendemain, une mine prus* sienne emporta une partie du chemin couvert et des palissades; les vivres, les munitions commençaient à manquer dans la place; Guasco, après une glorieuse défense de soixante-quatre jours, capitula enfin, se rendant prisonnier de guerre, avec deux généraux, deux cent dix-huit officiers, et huit mille sept cent quatrevingt-quatre soldats.
Le commandant et ses officiers ayant été présentés h Frédéric : « Messieurs, leur dit ce prince, vous avez donné un bel exemple à ceux qui auront des places à défendre : votre résistance me coOte plus de huit mille hommes. » Oubliant Tindécente conduite du comte italien envers la garnison prussienne à la prise de Dresde, il rinvita à sa table, et le combla d*éloges*?
En Silésie, il pe restait plus que Glatz aux Impériaux.
Dans la Saxe, le prince Henri faisait une campagne
I Jomini, Traité des grandes opérations militaires. * ArchenholU, Histoire de la guerre de Sept-Ans.
glorieuse contre le général Serbelloiû, commandant les n^iz forces autrichiennes. L'ayant empêché d'opérer sa jonction avec l'armée des Cercles aux ordres du prince de Stolgberg, il attaque, le 29 octobre, cette dernière armée à Freybergy remporte une victoire mémorable, et se couronne ainsi du dernier laurier de la guerre ^ Prompt à profiter de sa victoire et des renforts qu'il a regus, Henri envoie le général Kleist détruire en Bohême tous les dépôts de l'armée impériale. Kleist s'avance jusqu'aux portes de Prague.
Cependant, une étincelle de l'incendie qui embrasait l'Europe était tombée sur l'Espagne et sur le Portugal. Ces deux royaumes se faisaient la guerre, l'un appuyé par la France, l'autre par la Grande-Bretagne. Heu^ reusement, Is^ même année vit naître et finir cette querelle.
Tout annonça que le sang humain allait enfin cesser de couler : le 3 novembre 4 762, les préliminaires de la paix entre la France et l'Angleterre furent signés à Fontainebleau. En Silésie, en Bohême, en Saxe, une lassitude mutuelle avait déterminé les Prussiens et les Autrichiens à une suspension d'armes.
Il importait au Roi, an*ivé le 6 à l'armée de Saxe, de contraindre les princes de l'Empire à embrasser la neutralité. Kleist reçoit Tordre de marcher en Franconie, et de mettre tout le pays à contribution. Ce général pousse jusqu'à Wurtzbourg et Ratisbonne; la Diète est dans l'efiroi; plusieurs princes demandent à traiter
' Guiberl, Éloge du roi de Prusse.
20i HISTOIRE
1763 immédiatement avec la Prusse; tous, pour se garantir de rinvasion, signent une déclaration de neutralité : les Autrichiens restent donc abandonnés à eux-mêmes.
Entre les Français et les alliés, les opérations se ressentaient du malaise général; tout languissait. Honteux de voir que, dans la campagne précédente, ses efforts extraordinaires n'eussent abouti qu'à la misérable affaire de Willinghausen, mais attendant le résultat do ses négociations avec rAngleterre, le ministère ordonna au prince de Soubise de se borner à défendre ce qu'on possédait encore en Allemagne, et fit la faute de partager le commandement entre ce maréchal et le maréchal d'Estrées. Broglie fut exilé dans ses terres. Une bataille livrée à Wilhemstadt, au passage de la Dimmel, et qui repoussa les Français jusqu'à Cassel \ n'amena pourtant rien de décisif. Quelques combats, aujourd'hui peu dignes de l'histoire', furent livrés parle prince héréditaire de Brunswick et le partisan Luckner contre le prince de Condé et le comte de Stainville : de part et d*autre, épuisement complet.
Il n'y avait plus en Europe que la Maison d'Autriche qui voulût encore la gueiTC. L'Angleterre elle-même,
I Les officiers français prisonniers avaient perdu tout leur bagage. Le lendemain de Taclion, Ferdinand leur donna un grand repas. Au desserl, un énorme plat couvert fut placé au milieu de la table. Comme on allait se lever : « Messieurs, leur dit le prince, voici encore pour vous; » et, découvrant le Iwissin, il laissa voir une quantité considérable de monU-es, tabatières, luigues, eU;. Cbacun put clioisir selon son goût.
* Ucretelle, Histoire de France pendant te dix-huitième Mei/r, lume III.
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chargée des dépouilles de la France, soupirait après le i*<^ repos. Louis XV ^ s'était vu enlever presque toutes ses possessions d'outre-mer*. Chassé tour à tour d'Amérique, d'Afrique et des bords du Gange, insulté jusque sur les côtes de Bretagne, il avait même perdu Belle- Isle; l'Allemagne dévorait les tristes débris de deux cent mille Français. Au dehors, sa considération politique était gravement compromise; au dedans, ses finances ruinées et la marine anéantie. Qu'avait-il gagné à armer l'Espagne contre la Grande-Bretagne? Ce n'était qu'une proie nouvelle livrée à l'ennemi commun. La France sentait enfin, mais trop tard, que jamais l'Angleterre ne lui avait fait autant de mal par ses armes que TAutriche par ses alliances.
Un seul remède pouvait arrêter les progrès du mal : la paix. Aussi l'implacable Pitt voulait-il la guerre.
Heureusement, les négociations du duc de Choiseul l'emportèrent sur le vindicatif patriotisme du ministre
' PouYait-il en être autrement sur terre et sur mer avec un tel monarque ?
c Au commencement de 1762, il y avait déjà une possibilité de négociations, et les dures conditions de la paix étaient prévues, t Voilà c où nous pouvons atteindre, dit M. de Choiseul au Roi ; le Roi veut-il « la paix, ou préfère-tril que nous tentions une autre campagne ? nous « sommes en état de la faire. — M. de Choiseul, répondit le Roi, je « vous laisse à le décider. — Mais, Sire, quelle est la volonté du Roi ? « — Comme vous voudrez. » Et le ministre ne put obtenir une autre réponse. » (Lettres et instruetions ^de Louis XVlll au comte de Saint- Pricst, précédées d'une Notice par M. de tarante,)
* Elle perdit la Louisiane, le Canada, le cap Breton, avec toutes les lies du golfe et du fleuve Saint- Laurent, la Grenade et les Grenadins, Sainl-Vincent, la Dominique et Tabago.
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iios anglais. Contrarié dans le Conseil, Pitt s'en éloigne ; sa retraite assure le trîomphe de lord Bute; et la paix dëfl-^ nitive est signée, à Paris, entre la France S TEspagne*! le Portugal) rAtigleterre ; paix honteuse pour le gou-» vernement français, paix déplorable, résultat néces^ saire d'une série de fautes sans exemples.
Trop grand pour s'abaisser devant l'orgueil impérial, Frédéric attendit.
En effet, la fortune de l'Impératrice-Reine ne se trouvait plus à la hauteur de sa fierté. Ses États héréditaires exposés aux incursions des Prussiens; la Hongrie menacée par les Turcs, que le roi de Prusse excitait aux armes ; la défection de tous ses alliés ; l'embarras de ses finances; la terreur de divers États de l' Allemagne , le découragement do plusieurs de ses miuistres, l'affaiblissement de la santé de l'Empereur, les dissensions qui troublaient sa famille ^ tout lui imposait un grand sacrifice : la fière Marie-Thérèse dut flé^ chir. Elle fit les premières démarches, par l'entremise de la Saxe : quelques semaines suffirent pour cette im- I)ortante négociation. 11 est vrai qu'on avait adopté le meilleur moyen de l'accélérer, en la confiant, non à des ambassadeurs ou ministres d*État, gens de faste et d'étiquette, mais à trois simples conseillers de cour, bien connus par leur prudence et leur activité : c'était,
* I^crelclle, Histoire de France pemdant U dix ^ huitième sOde^ (ouïe Ul.
* L'Iilspagne renonçait à la Floride et à toutes ses possessions sur le continent d'Amérique, à TEst et au Sud-Est du Mississipi.
^ NVilliaiu Coxc, Histoire de ta Maison d^ Autriche^ tome V.
DE PRÉDÉRIG II. 207
pour r Autriche, le conseiller de cour de KoUembach ; nos pour la Prusse, le conseiller de légation de Hertzberg ; pour la Saxe, le conseiller privé de Fritsch.
Enfin, le 15 février, cette paix, si nécessaire ^ fut signée au château de Hubertsbourg ' .
Pour la troisième fois, la libre et entière possession de la Silésie était garantie à Frédéric. Du reste, pas une frontière ne fut déplacée, pas un village ne changea de maître; et, cependant, plus d*un million d'hommes avait disparu dans des flots de sang t
Telle a été cette fameuse guerre de Sept-Ans qui porta et maintint la Prusse au rang des grandes puissances ; elle environna Frédéric d'une immense considération pei*sonnelle. Si Ton compare la position géographique de ses États, ouverts de tous côtés, leur stérilité, la modicité de ses revenus^ le petit nombre de ses sujets, avec les formidables ressources de ses ennemis, on do*meure saisi d*étonuement à Taspect de ce prodigieux génie ; on voit tout ce que peut un homme de plus dans les destinées d'un empire.
I Foyet, à la fln du Tolume, pièces justificatives (B).
F'rédéric écrivit à d'Argens : « La meilleure chose que j'aie mainte nant à vous apprendre, mon cher marquis, c'est la paix; il est juste que les boUs citoyens elle public s'en réjouissent. Pour moi, paUvrd vieillard, je retourne dans une ville dont je ne connais plus que les murailles, où je ne retrouverai personne de mes amis, où des devoirs nombreux et difficiles m'attendent, et où je laisserai bientôt mes vieux os dans un asile qui ne sera troublé bi par là gUetre, ni par les calamités, ni pat la méchanceté des hommes. «