C. i>E RauuL
N. XII. Extrait d*une. lettre du comte de Flemming au comte de BrUhl de Vienne , du tè févHer i753.
En couformité de la dépéclie dont Votre Excellence m'a honoré, du 19 décembre, j'ai témoigné k M. le comle d'Ulilefeld la satisfaction du Roi, nuire iiiattre, de la déclaration claire et nette de Sa Migesté l'impératnce-Reine sur l'agnition du traité qui subsiste entre les deux cours, et sur l'application au cas dont il s'agît avec le roi de Prusse.
J'ajoutai m même temps qu'il serait bon, et que le Roi, mon maître, s'y attendait , qu'à l'exemple de la Russie , l'on aut(»risÀt aussi éveutucllement les ministres respectifs qui subsistent aux cours principalement intéressées au maintien de la paix k pouvoir dans son temps, et hnp|K)sé que le besoin parût l'exiger, avant quoi nous ne le demande-
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rions pas nous-mêmes, déclarer de quel œil les cours impériales envisageraient loule avanie qui nous sérail faite de la part du roi de Prusse. 1^ comte d*Ublefeld me répondit qu'il n'y aurait point de difficulté sur les ordres k envoyer k cet égard k leurs ministres , si nous l'exigions ; mais qu'il me donnait derechef k considérer k quoi nous pourrait servir , et quelle impression ferait sur l'esprit du roi de Prusse une pareille déclaration , qu'on donnerait dans le sens du traité de i743, vu l'insufQsance du secours y stipulé ; qu'il me chargeait de représenter de nouveau , k cette occasion , k ma cour qu'on ne pouvait pas prendre assez de mesures contre les Tues ambitieuses du roi de Prusse, et que surtout la Saxe, comme la plus exposée, ne pouvait pas user d'assez de précaution pour s'en garantir : c qu'il importe donc beaucoup de renforcer nos anciens engagements sur le pied proposé par le feu comte Flarracb en 1745; que cela pouvait se faire k l'occasion de notre accession au traité de Pétersbourg , ou de telle autre façon qui nous paraîtrait la plus convenable pour notre sûreté , et la plus propre pour garder le secret; » qu'il croyait qu'il n*y avait point de temps k perdre pour se mettre en bonne posture et état de défense , les conjonctures présentes lui paraissant exiger absolument que les cours alliées s'unissent plus étroitement ensemble que jamais, et que chacune d'elles regardât les intérêts de son allié comme les siens propres.
N. XIIl. Extrait de la lettré du comte de Brilhl au comte de Flemming^ à Vienne^ de Dresde, le 8 mars 1753.
Je profite en même temps de l'excursion de M. le chevalier de Williams et de cette occasion sûre, pour vous communiquer, monsieur, un rapport du Conseil Privé du 3 décembre, contenant le sentiment de ce conseil sur des engagements plus étendus, auxquels la cour de Vienne nous invite k l'occasion de notre prochaine accession au traité de Russie. Cette communication ne doit vous servir que pour que vous soyez informé comment on envisage la chose, et des difficultés qu'on y trouve. Mais d'ailleurs le Roi n'approuve pas l'expédient proposé, d'insérer d'abord dans notre acte d'accession l'engagement réciproque de s'cntre-secourir de toutes ses forces, c Sa Mi^esté n'est cependant I»as éloignée de s'entendre par la suite, dans le dernier secret avec la cour de Vienne, sur un tel secours, par des déclarations particulières et confidentielles, relatives au quatrième article secret du traité de
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Pélersbourg, moyennant do jusles conditions et ayantages, qu'en ce cas, on doit aussi nous accorder, et k l'égard desquels yous pourrei prendre ad référendum tout ce qu'on voudra vous proposer. Je pense d'avance que ce qui nous fut promis par la déclaratioq de Tlmpératrice-Reine, du 3 mai i745, pourra servir de base. »
N. XIV. Extrait d^une dépêche du comte de Vicedom au comté de BrUhl, de Saint-Péterebourg, te iS avril 1747.
J'ai l'honneur de dire k Votre Excellence que Prellack m'a confié que, dans une entrevue secrète qu'il a eue avec l'Impératrice et le grand-chancelier, il avait trouvé moyen, par des communications confidentielles de la part de sa cour au sujet de plusieurs menées de ce prince, désavantageuses k Sa Majesté Impériale, d'inspirer des sentiments qui ont poussé l'inimitié au suprême degré et au point que cet ambassadeur s'imagine qu'il ne faudrait plus que tr{'S-peu [K>ur que ta colère éclatât par quelque voie de fait, etc.
J'ai dune commencé par m'adresser k l'ambassadeur de Pretlack, après lui avoir dr;taillé tous les avantages qui pourraient résulter de nos démarches amicales pour sa cour, et même pour celle de Russie , en procurant, par un accommodement avec la France, plus de facilité ù rinipéralrice-Ueine de faire tête au roi de Prusse*, etc.
N. XV. Traduction de la lettre du secrétaire d*ambassade de Weingarten au comte d'Uhlefeld. Berlin, du 24 aoàt i748.
Avant-hier il passa ici un courrier du lord Il)ndfort,qui m'a apporté une dépêche de la part du comte de Rernes, laquelle donne au comte de Kayserling et k moi de grandes lumières sur les préparatifs militaires d'ici, puisque le comte de Bernes marque que les partis français et prussien eu Suède travaillaient k toute force pour procurer la souveraineté au prince successeur; qu'en considération de ces ctroonstances on souhaitait d'empêcher le voyage de l'Impératrice k Moscou; et que, comme personne ne pourrait y plus contribuer que le comte Kayserling, eu égard aux préparatifs et desseins dangereux de la cour de Berlin, il devait animer ce ministre pour cet cITet. Ct'lui-ci étant déjk assez prévenu contre la cour d'ici, il ne m'a pas été difficile
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d'oblenir moa but, puisqu'il m'a fait lire hier sa relation dressée seloD les désirs du comte de Dernes, eu (iromettaot de continuer sur ce ton toutes les semaines.
N. XVI. Lettre du eanUe de Bernes au comte de la Puebla^ datée de / Pitershùurg, le il décembre 1749.
J'ose TOUS faire, dans le plus grand secret, la réquisition qui suit : On souhaite que ?ous fassiez glisser à l'oreille de M. de Gross, ministre de Russie, mais cela ayec tant de précaution, qu'on ne puisse jamais soupçonner que la chose vient de tous, qu'il se machine en Suède des choses contre la personne de l'Impératrice, auxquelles la cour de Prusse a sa bonne part i et, comme ledit ministre ne manquera probablement pas de vous faire confldcnce de cette découverte, vous êtes prié de lui répondre que, n'en sachant rien, vous feriez des recherches, et de la lui confirmer ensuite comme chose que vous auriez apprise par perquisition.
N. XVH. Extrait de rinêtruction donnée au général d^Amim, Dresde, le 19 fèvnerilliO, traduit.
Le général d'Arnim aura aussi soin d'entretenir la défiance de I'Irh péralrice et de ses ministres bien intentionnés contre la puissance prussienne, l'agrandissement et l'abus qu'on en fait; en conséquence, il no manquera pas de louer et d'applaudir à l'attention et à toutes les mesures /lue l'Impératricepourrait y opposer, etc.
N. XYIII. Extrait ^une lettre du sieur de Funk au comte de BrUM, datée de Saint-Pétersbourg, le 6 décembre 1793, traduit.
En raconlant les motifs que lui , Funk , et le baron Pretlack , ministre de Vienne, avaient allégués aux ministres de Russie, pour tenir toujours une forte armée sur les frontières de la Prusse^ il dit leur avoir représenté, entre autres :
Que ceUe précaution était d'autant plus nécessaire, eu égard aux vues notoires des cours de France, de Prusse et de Suède, dans le cas do la vacance du trône de Pologne, que le roi de Prusse ne tl^rderait
alors pas d'eiéculer ses desseins sur la Prusse polonaise, sur rcmUnichnrede la Vislnle; qu'il fallait imiter Texerople du roi de Prnsso, qui ne regretuil aucunes dépenses qui pouvaient le rendre plus redoutable, venant de former encore trois nouveaux régiments; que la cour de Russie ne devait pas craindre d'être abandonnée par ses alliés, lorsqu'elle en viendrait aux mains; qu'ils connaissaient trop bien leurs propres intérêts, etc.
N. XIX. — Extrait de la dépêche du comte de BriUh au sieur Funk , à Pétersbourg, le 6 février iltU, traduit.
Je ne doute pas que la cour de Russie ne s<»it déjà informée des différents mouvements et arrangements que le roi de Prusse fait faire dans le royaume de ce nom, avec la plus grande c^ïlérité et dans le dernier secret, par rapport au commerce et aux monnaies, et surtout pour des préparatifs militaires; j'espère aussi que celte cour y sera d'autant plus attentive, qu'on a remarqué ces préparatifs, surtout après la grande augmentation de troupes que l'imiiératrice de Russie a fait faire en dernier lieu duus ses provinces limitrophes, et qu'ils paraissent y avoir rapport ; j'ai pourtant cru devoir vous communiquer les avis qui nous en sont parvenus successivenrent , afm que vous en puissiez faire usage dans vos entretiens avec le ministère de la cour où vous êtes. Nous y sommes fort attentifs, d'autant que nous connaissons l'envie du roi de Prusse de se mêler des aflaires domestiques de la Pologne ; que ses projets |K>ur ruiner le commerce de la Pologne, et surtout celui de Dantzick, se manifestent de plus en plus; et que ses vues d'agrandissement, de ce côté-là, fout sûrement un des objets les plus flatteurs de ses projets.
IjL dépèche du comte de Briilh , du i3 février 4754, ne roule que sur le détail des préparatifs militaires que le Itoi faisait faire en Prusse.
Extrait de la lettre du sieur Futik au comte de Briilh^ du 31 juin i754.
Selon le rapport de II. ren\oyé de Gmss, Votre Excellence l'a informé elle-niènio de la procliuine It'VtHï de sept nouveaux régiments pnissieus. On remercie V«)lre Excellence de ces avis, en l'assurant qu'on ne manquera pas d'en faire Ixiii usage, comme de toutes les autres nmivelles de celte nature.
N. XX. — Emlraii de la dépêche du comte de BriUh au sieur Funk, de Varsovie, te 28 août ilU, traduit.
Les desseins que quelques puissances malinlenlionnées couvenl K l'égard de la Gourlande se manifestent, entre autres indices et préparatirs, par les gazettes publiques de Berlin, qui annoncent tantôt la mort, et tantôt l'état désespéré de la santé du malheureux duc, pour préparer ainsi le public aux événements futurs, etc.
N. XXI. — Extrait de la dépêche du comte de BrUlh au sieur FUnk , de Farsovie, le 2 août 1754 , traduit.
En parlant de l'ombrage que la Porte Ottomane prenait au siget de la forteresse que la cour de Russie faisait bâtir sur les frontières de la Turquie, il (goûte :
Comme les cours de France et de Prusse ont jusqu'ici constamment travailb'^ à entraîner la Porte Ottomane dans une guerre contre la Russie, celte affaire leur donnerait beau jeu, le roi de Prusse ne tarderait plus longtemps a se démasquer et k faire paraître le but de ses armements continuels , dans lequel cas la Gourlande pourrait bien devenir le premier sacrifice de son ambition.
N. XXII. — Extrait d'une dépêche du comte de BriUh au sieur Punk , du i ^ décembre i 754, traduit.
Je ne saurais vous cacher un avis qui m'est parvenu, touchant un nouveau dessein du roi de Prusse, peur faciliter ses vues d'agrandissement. On sait que ce prince travaille, depuis longtemps, à entraîner les deux cours de Suède et de Danemarck dans ses intérêts. La tentative qu'il en a faite en Danemarck, h l'occasion de la prolongation du traité de subsides entre cette cour et celle de France ne lui ayant pas réussi , il pense à d'autres moyens de gagner la cour de Copenhague.
La naissance du jeune grand-duc de Russie doit lui avoir paru une occasion favorable pour parvenir à ce but. Car , comme il s'imagine qu'après cet événement qui affermit la succession dans le duché de Ilolstein , la négociation touchant l'échange de ce duché contre la comté d'Oldembourg deviendra plus difficile, et que la cour de !)ane-