LIVRE VI
Suite (le la Guerre de Sept-Ans. — Paix de Hubertsbourg.
I7S9. Déjà la lutte durait depuis quatre années, et Frédë-
"^ rie, tout en se couvrant de gloire, s*enfonçait de plus
en plus dans Tablme. Que de fois, durant le silence
des nuits, Tavenir dut apparaître à ses yeux sous de
menaçantes images !
Ce prince tenta secrètement les voies de la paix, mais en vain : rAutriche, croyant déjà saisir sa proie, déjouait toutes les négociations.
Vers cette époque, eut lieu un événement sur les conséquences duquel il avait fondé de grandes espérances. Le roi d*Ëspagne, l'infortuné Ferdinand VI, à peine flgé de quarante-six ans, trouva, le 10 août 1759, un terme à sa douloureuse existence, regretté de son peuple, qu*il avait gouverné en père, mais qui depuis longtemps ne voyait plus en lui qu'un triste objet de pitié'. A défaut
* Triste héritage de Philippe V, l'état du Roi ne diiïérait plus de la démence, t Ferdinand donnait, comme il arrive dans ces sortes de maladies, quelques lueurs d'espérance; mais de courts intervalles do raison élaiimt bientôt suivis des plus violenls accès de frénésie. M. de
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de postérilëy la couronne appartenait de plein droit à i75odon Carlos, roi de Naples, son frère d'un second lit; nulles prétentions ne contrariant le cours naturel des choses, le changement de règne s'opéra sans secousses. Mais; quant à la succession de Naples, il en pouvait advenir tout autrement; car, ainsi qu'on Ta vu plus haut, la France, l'Autriche, l'Angleterre avaient formellement stipulé, par le traité d'Aix-la-Chapelle, et sans consulter les rois d'Espagne et de Naples, qu'après l'avénement de don Carlos, successeur de Ferdinand, don Philippe, le plus jeune des trois frères, passerait au trône des Deux-Siciles.
Sans égard pour ce traité, contre lequel il avait hau-
Wally qui, plus qu'aucun autre, ayall eu sa conûance, parviol enfin jusqu'à lui ; il le trouva étendu sur deux chaises : depuis trois semaines, il n'avait pas youlu d'autre lit. Ses jambes étaient nues, ses regards cflarés, et la pÀlcur livide de la mort couvrait son visage, rendu plus sinistre par une barbe épaisse qu'il avait laissé croître. Le malheureux monarque versa des larmes en le voyant, lui prit la main, et, l'approchant de ses côtes pour lui faire juger de sa maigreur, il lui dit qu'il rougissait de ses Tiolences, et qu'il sentait combien il était k charge k ceux qui l'entouraient, mais qu'ils prissent patience, que sa fin était prochaine, etc. » (Flassan, Histoire de la diplomatie française, tome VI.)
La mort de ce prince, en 1759, ne fut-elle que supposée, comme on l'a prétendu? Est-il vrai que, pendant la cérémonie de ses funérailles, on l'ait transporté k la Casa del Campo, et qu'il y vécut quelques années, recevant même en secret de fréquentes visites de son frère Charles III ? Il serait difficile de lever aii^ourd'hui le voile qui couvre un tel mystère. Toutefois, M. Bocous {Biographie universelle, tome XIV, article Ferdinand VI) assure qu'il a entendu confirmer cette assertion, en 1794, par trois anciens seigneurs de la cour de ce monarque.
i 34 HISTOIRE
17^0- temcnt pmtestd, le roi de Naptes i*égTa sa succession comme il le jugea convenable; son fils atn(^, épîleptiqiler dans son enfance, et toujours imbécile depuis, fut dé* claré, après une enquêté authe/ifi^Cfe et sôfeirhelle^ inhabile au gouvernement ; don Carlos, âoYi second fïfs, devint prince des Asturies, et héritier présomptif de h couronne d*Espagne; le troisième, rofdes t)etfx-âîcile4ï. De cette manière, don Philippe resta duc dé Parme, et rimpératrice-Keihe n'eût point ce duché^.
Frédéric avait beaucoup espéré dfu mécontentement de cette princesse; mais son attente fut encore déçue. Marie-Thérèse et le roi de Sardaigne dlssïmaièrent leur mécontentement ; ïà FrarifceF tiégGcia Te miartage de l'Archiduc Joseph avec la tille du duc de Parme; puis Ton convint d'ajourner fés àffàffeisr dTItâdfre jfosqti'à la \mt d'Allemagne. Le mariage de sa nièce avec un priiice autrichien, et la satisfaction que lui causait Tadroil acquiescement de rinq)éf atricer à Fordref de* sifecessioif qu'il venait d'étabîir pour ses royaumes de Naples et de Sicile, avaient gagné Charles III à la cause de l'Autriche : mais un des premiers seins du* nouveau monarque fui d'adhérer au fameux Puete de familU^ constamment repoussé par son prédécesseur. L'honneur de ce traité appartient tout entier au duc de Choiseul> qui, unissant ainsi tous les souverains de la^ Maison de Bourbon, en forniâit lïn faiâk^eaii de puissances redocrtàbles aut An-* glais.
Trompé, de ce côté, dans ses calculs, Frédérte/ tou-
< Agréé cl signé à Paris le 15 août «761 .
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jours attentif aux révolutions d'Italie, se tourna Vers le tièô roi dé ^drcfàigne. Ëù effet, de qiiéf ittiïùense secours eût été aux t^russiéns une (ïiveriâiôn éri Lombardié, sôît contre Louis XV, soit contre Marie-Thérèse l
Lé Roi envoya donc â Turin le hûtôii dé CoCceîf , èOil aide-dé-càmp. Idàis dliai*ïés)-£rhitianuel avait per^ù Tardeut belliqueuse de sa jeunéâstf : là Vie dévoté remplaçait en fiii la vie gùerrîèfé. Toutefois, la politique, plùâ encore que l'âgé et la reli^iôti, ïtrf faisait une loi du repos : sâtis afïiés, suMotit depuik runiôti dé la Ffah'ce et de r Au triche, il se serait exposé, eii prenant les arrhes, à voir fondre 6uf sé8 États, Atftriéhîetls, français. Espagnols, Napolitains, Parmesans. Frédéric reconnut donc bientôt Tinutilité de ses démarches. Renouveler quelque tentative* auprèisf de la* Porte* i^'eût pas mieux réussi. Cômmerit réâdtfdtë \ë tfivâri à rompre âteé k formidable Maison d'Autriche?
Ainsi que le roi de Prusse,^ cehii d'Angleterre souhaitait la pail. D'un comitfafif acéord, ces àexkx princes son-^ dèrent ïes éotirs rfé VéfdâiïléS * et dé Russie. Mais lé cà-
' c Ltf sitûAlion des afTaires élànl donc
telle que nous Tenons de le' rapportei^, le Roi eilfoya un émissaire' en France pour sonder les dispositions de^ la cour de Versailles, et lui- en faire rapport, ainsi qu^air roi d'AngleteiPre. Il fit choix pour celle' commission d'un jeune d'Édelsheind, dont le père àraii des terres aux enviroiis de Francfort-sar-le-Mcin, qui ne tenait k rien, qui lui avait été recommandé par lA coui* de Ck>Uiav et quif par conséquent, pouvait s'acquitter mieux do cet emploi qu'un autre, parce qu'il n'était point connu, et rie pouvait donrier aucun» espèce* dé soupçons- en se produisant & Versailles. Ce jeune homiAe parti» sans prendre de caractère; il fut adressé" étû bailli de Froulay; ambassadeur de Fordre
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HGo billet autrichien paralysa tous leurs efforts. Telle était môme alors son influence sur la politique française^ que Louis XV, battu sur mer, dépouillé de ses colonies, n'en continua pas moins la guerre. Un bras invisible semblait Tentratner dans cette funeste route. Malgré l'épuisement du royaume, de nouvelles levées eurent lieu. La grande armée, forte de quatre-vingt mille combattants, fut confiée à M. de Broglie; sur le Bas-Rhin, le comte de Saint-Germain commandait un corps de trente mille hommes; une réserve de quinze mille était sous les ordres du prince Xavier.
L'Autriche et la Russie avalent également renforcé
de Malle en France. M. d'EdeUheim fut assez bien accueilli à Paris; on lui marqua en termes vagues que sa négociation dépendrait de la faron plus ou moins prompte dont la France pourrait convenir de ses différends avec TAngleterre ; mais qu'ayant appris que le roi de Prusse se proposait d'indemniser le roi de Pologne aux dépens des princes ecclésiastiques d'Allemagne, qu'il prétendait séculariser, on lui déclarait que le roi Urès-clirétien n'y donnerait jamais son consentement. 11. d'Edelsbeim vint rapporter cette réponse au Hoi, qui était alors ii Freylierg ; il en partit pour aller à Londres la communiquer aux ministres de la Grande-Bretagne
« M. d'Edelsbeim» qui avait laissé quelques malles à Paris, retourna de Londres par la Hollande en France. l\ ne se déguisa point; bien loin de se cacber, il alla cbez le bailli de Froulay dès son arrivée à Paris. Cet ambassadeur, préoccupé de la sincérité des intentions du roi de France pour le rétablissement de la paix, engagea M. d'Edelslieim à différer son départ de quelques jours, afin de donner à sa négociation interrompue le temps de se renouer. Quelle fut, le lendemain, la surprise de M. d'Edelsbeim, de se voir arrêté par une le4tre de cacbet et conduit à la Bastille ! Le duc de Cboiseul s'y rendit le même jour; il assura le prisonnier qu'il n'avait trouvé que cet expédient pour s'entretenir à son aise avec lui, sans donner de l'ombrage au minisire
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leurs troupes. Pour réparer les fautes commises daus neo la précédente campagne, ces puissances étaient sagement convenues d'un plan de concentration sur TOder. En Silésie, Laudon, à la tête d un corps considérable, devait opérer sur cette rivière conjointement avec Soltikoff, tandis que Daun, à la tète de cent mille hommes, retiendrait le Roi en Saxe, ou le suivrait, si ce prince cherchait à secourir la Silésie.
A cette masse formidable, Frédéric n'opposera que les débris de ses vieux régiments et un assemblage hétérogène de déserteurs ennemis, de paysans conduits par des officiers ramassés au hasard; encore les régiments d'infanterie en manquent- ils, à tel point qu'au
d'Autriche, qui observait tous ses pas; il ajouta que ce lieu étant propre pour une négociation secrète, il Ty retiendrait volontiers pour conférer plus souvent avec lui, et qu'il lui fournirait les moyens de faire parvenir au Roi ses dépêches avec sûreté et promptitude. H se répandit ensuite en phiintes contre les Autrichiens, qui éclairaient de près toutes ses démarches; « car, lyoula-t-il, voilk M. de Slahremberg a au fait de toutes les personnes employées dans cette négociation par « le roi de Prusse. Il vient de recevoir un courrier de Vienne par leffuel « on l'instruit de tout ce qui se passe ici. » Cette scène indécente n'avait pour but que de se saisir des papiers de M. d'Edelsheim, où M. de Choiseul espérait trouver des instructions du Roi qui l'éclairéraient sur ses desseins. Il n'y trouva qu'une lettre de créance, dont l'émissaire n'avait pas eu occasion de faire usage. Honteux de cette découverte stérile, ce ministre en fut pour ses mauvais procédés; il lit relâcher M. d'Edelsheim le lendemain, avec ordre de prendre la route
de Turin pour sortir du royaume
« Quand on observe avec quelle attention le cabinet de Versailles évitait de donner des soupçons à la cour de Vienne, on se persuadera facilement de l'espèce d'assujettissement où le tenaient les Autrichiens. (Frédéric, Histoire de la guerre de Sepl-Ans, tome II.)
4 S8 misToinE
it6ô lieu de cinqcTàtite-cfétri ofncfefs, Aotinbre prescrit par l'ordonnance, ils ëiif (ioiivpfént à peine douze. Sa ruine paraît certaine.
L'ex-roi dePôlol^e, Starifsfas-LeezhisHy, avait offeict à Frédéric, potrr fîeir d'un congrësr, Narrôy, capitale de son duché de Lorrafiné; Fe motiarquef pftfssien lui tépôndrt, dû quartrer-géùéral de Freybei^g :
« Monsieur mon frère,
« iff reçois tofre* offre tfvec U pluflf yivé reconnais^ sance, et fié* denfiafihfdé pasf rùléiit qiïe de Taceepter. Toutes tes ûégociatkins' qui seront fttites âiotisf & garantie de Votre Majesté rftf pourraient sanV* doMe man(fner d'avoir d'heureux résultats; mais chacun n'a pas des dispositions aussi pacifiques. Lesf éotirs de Vienne et de Pétersbourg ont rejeté, d'une rAaniëre (oti extraordinaire, les propositions que Te roi d'Angleterre et moi leur avons faites. Vraisemblablemeirty elles engageront le roi de France à en faire atifafnt, et à continuer la guerre; ces puissances seront donc seules responsables de tout le sang que leur refus va encore faire répandre.
« Si tousle^ princes écoutaient^ comme Votre Majesté, la voix derhumanité, des Contenances et dé ta justice; la terre cesserait bienidt dTétre un ttiéittre de dévastations, de mcurli*cs et d'incendies.
« Je suis, avec les sentiments de lai plua parfaite estime et de la plus sincère amitié, monsieur Uion frëre^,
de Votre Majesté le fidèle frère,
fttitic. »
t FreyberJ, \é S fétfîeir fféO. »
DK l'nt^^nÉuin.ii. 4^9
Maïs ses eMefûîë, c|uî ne voûtaient qu'utiKser Thiter' nctf en dcartant toute chance de pâîi, op[)oséfeiit au chôîx de Nancy deâ objections ftivùt&Ài pais Hs ïûdi^éYeïït Bréda, Leipsick^ et fié parléferif pftiS dérfeii*; leurs préparatifs pour la catnpagnë pi^ocfi'arfAé lië â'^tàietit pas, un monient, ralentis.
Containccr q[u1I ne lui rester phiér qne^ detfi alliés solides, la valeur et la persévérance, lé gràftid iVoYnme s'élance dé nouveau: dafts f ârètté. Alaîrf ôôds qfuéls duspices s'ouvre cette catfipagtfé ?
Tottleben avait sorptiô et fart prfsoiirtîéf , à Séftvecrff, le prince dé Wurteiùbei^g éncWïé nïâfàdPe* rfés blésSùréS' reçues à Kufie^dorff; Ûàiih, Stirlârîtègâûcbérféf Èlbé^ Lascy, sur ïà droite, côùvraieïit lïrésdé;' JFrédérfc, ayant! assemblé ses troûpéâ éiitré Méh&ëti et UôÈSert, y laisser le général Hulseti qu^il ot)p'Oéé â fjatftf, et pâisâé lÉlbe à Jehren, pour dttàqtfer Lascy qWi se f éplîe Sift^ D^feSdé. Formant son armée prë^ dé' Ssrgàn, le pf iftde Hèl»ri s'à^ vance à la rencontre des Russes jusqu'à Laùdàbérg. Laudon, après avoir contraint ïe général ûoltas d'éva-^ cuer la Haut^-Silésie, assiégé Glatz.
Le Roi, pour persuader à t)sîtih qu'il tétlt faire lë^ ver le siège de cette forteresse, marcbe en Siîésië. Se hâtant dé lé prévenir, te maréchal autrichien fait poursuivre par Lascy l'arriéré- garde prussienne, éf ayant ainsi pris le change, à'éloigïïe (fe Dresde; alor^ Frédéric revient subitement sur ses pas, repousse Lascy jusque ((errière cette ville, laisse ïe prince de flolstein sur la rive droite de l'Elbe,, pour bloquer Dresde de ce côté, passe le fleuve avec le reste de son armée, joiltt
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17G0 Hulseiiy rejette vers Piriia le corps de Lascy et Tarmée de l'Empire, s'empare du grand jardin et du faubourg de Dresde, bloque la forteresse, et somme le commandant Maquire de se rendre. Mais le train d'artillerie (5tant arrivé trop tard, et Daun, par sou retour précipité de Silésie, ayant forcé le prince de Holstein à i*epasscr l'Elbe, le Roi lève le siège et se retire à Kesselsdorff.
Voilà pour la Saxe.
Mais, en Silésie, la fortune allait se déclarer contre les Prussiens. Laudon, pour ne pas perdre deux mois à attendre l'arrivée des Russes, avait résolu d'y commencer la campagne par le siège de Glatz'. Tandis que les généraux Gribeauval et Draskowitz enveloppaient c^îtte place, Laudon lui-même faisait des tentatives, inutiles, il est vrai, sur les forteresses de Neiss et Scbweidnitz.
De son côté, pour inquiéter le siège, le brave Fouquet, avec un petit corps, s'était retranché près de Landsbut. Ainsi gêné dans son entreprise et dans ses communications avec la Bohême, Laudon i*ésolut de déloger le général prussien. Le 23 juin, il Tattaqua avec cinq corps séparés, sur autant de points différents, chose facile, puisque ses troupes étaient dix fois plus nombreuses. Le lieutenant-général de Wolfersdorff dirige son mouvement le long du Bober par Reichhennersdorff ; Jaum, de l'autre côté du village ; Geisruck, eu suivant le village de Zieder; le major-général Mu-
* Sur les deux rives de la Neiss, dans le quiuzième siècle, le cooilé de Clalz apparleuail à la couronne de Bohème. Passée, en iS61, aux mains de l'empereur Ferdinand UI, la conquête, en i7i2, le livra ii la Prusse.
DB rnÉDÉntc it. m
fling et Laudon en personne cernent de toutes pai*ts 17go les bataillons prussiens postés, à de grands intervalles, sur les hauteurs de Buch. Après une héroïque résistance de sept heures, les Prussiens sont successivement chassés des hauteurs du Galgemberg et du Kirchberg, et repoussés jusqu'au Bober, entre Landshut etBreitnau, où des troupes fraîches leur coupent toute retraite. Dans cette extrémité, Fouquet, à la tète de sa cavalerie, se fraie un passage à travers les bataillons ennemis. Mais son cheval est tué; blessé lui-même de trois coups de sabre, dont un lui ouvre le front', il est pris; presque toute rinfanterie était prisonnière ou tuée; la cavalerie put, en grande partie, rejoindre le général Ziethen, près de Breslau, notamment les hussards de Geradorfi* et les dragons de Platen .
Ann d'éviter un sort pareil, Ziethen, que Fouquet avait détaché pour assurer au Ziskemberg sa communication avec Schweidnitz,se jeta dans cettedernière place.
La conduite de Fouquet avait été irréprochable, et Frédéric lui a rendu un noble hommage : « Loin, dit-ii% que ce desastre pût préjudicier à la réputation de ce brave officier, depuis si longtemps et si solidement établie, il en relève Téclat, en fournissant un exemple de ce que peuvent la valeur et la fermeté contre le nombre, quelque supérieur qu'il soit. »
> Un cayalier aulrichien allait l'acheTer, quand un de ses palefreniers, se jelanl sur son matlre, recul tous les coups qui lui étaient destinés. Heureusement, ces blessures n'étant pas mortelles, Fouquet put reconnaître dignement cette courageuse fidélité.
■ Frédéric, Uùioire de la guerre de Sept-Ans^ tome H.
f4;2 MisToins
j^iH) L0 jppM3équçn^ mU^r^k Ûu cpinb»^ à^ Ulidsliut fut rpctuipaUiOO 4e la yU|^ par les Autrichiens. .Citait unç pièce PU vertg, lioxs 4'ét*t de résister; et rien n'exjcuse hàifâon de l'avojr livrée au pillage, {.es Autricbi#i)0 y fiommre^t 4(%s crjiiputés et des excès inouïs : w Ils D'^pwgRJbjrent que la misère çt la laideur*. »
Au resle, Laudojo^ cpmwe j?'jl ne voyait pas que la §ilé?ie Ji|i 4t»>t opvert^, ne spt poio> tirer parti de sa yiçlojre; t)i^ flUÇ CMl? iiit inveslii depuis longtemps, #n tt'pjivrij 1» trpnchée qu'uij weis après!
J^ uoixyeUà à^ l>locjus 4e (ilotiK /ut la première que le 3pj r^ut en3iixe. f^Je sugrpept^iit grandement les eoil)ari^4e S4 «ituatipu, S» pffejt, abiandonner eette place, i^'jét^it livrer Mêle/ 4e la SU^ie, et, pourtant, la secourir devenait impossible. Il fallait prévoir qu'api*ès la perte de cette (prl^er^sse, on ae pouirait plus tenir les gorges 4e h SiUm ni de la Bohême, parce que les Autrwhi^n», um fois maîtres des passages de Silberberg et de Wartha, pourraient prendre à dos les troupes occupant les montagnes^ et qu*il ne resterait plus de position propre h couvrir cette province. D'un autre côté, quitter la Saxe, ne présentait pas de moindres dangers; car^ si le Roi emmenait une partie de ses troupes en Silésie, ce qui resterait en Saxe risquerait fort d'être détruit par les forces numériquement supérieures des Autrichiens.
Le 26 juillet, Clata^' tombe au pouvoir des Autri-
> Fr^éric, Pistoire de la guerre de Sepi-Ans, tome U. * Frédéric allnbue la perle vraimeol iaeiplicable de celle plaça imporlantc aux inlrigues que piudon avait su y enlrelcuir atih; le
BB jfbjèpjSWc II. -14.5
chï^Wf qui, maîjf 69 wm i^m, des pyeuuey? 4e la $il©3Îe, 47po mvpfit désormais ]upe base pour ^opérer xlaiis œtte proviiioe^ par leur 4ro\te, comme Dresde leur en assurait upe pojujr Içurs ppiéwitio^s f» ^^jlb ^
Çepiepdan) SpJilti^Q* et la grAP^cibe »rmée russe se dirigeaieut swBreslau ; LaudpD,iarrivjé avant eux^ somme Tauisnzi^p d^ a^ riep4rQf Pppi* garder PUjq jençeinte immense^ ce brave commandant n'a que trois mille hompues et des ouyrajg^sruini^s; nni^ population pombreu&e^ peu fayori»b)e au?c Prussjjeoç, renyîfonpe; n'importe ; il répond cfî liQWJn^ déterminé à Veoseyelir sous les débris de h plaçe^ Umâpn copiipençe le boipbardepfieut. Mais le prince H^ri, qpi la pénétré le plan des alliés, s,e pprtp ep JOMte b^te aur ÇlogaUp y passe l'Oder, vole yer)5 Brjeslau^ force l*audaM d'ep Içver le siège, détacbe Warner à sa ppurjspiite; traverse Breslau, et oblige SoltikoiT, fort /surpris Ûq yoir des Prussiens au lieu d'une i^ripée alliée, à /se retirjçr-
Frédéric apprit, sous les murs de Dresde, la perte de Glatz, ÉiPU d'abprd, mais reprenant bientôt ce calme qui ipspire |a çpnfiauce : k Nous recouvrerons Glatz au traité, dit-il à ses généraux ; marchons ^n Siléçie, afin de ne pas tput perdie, d Les Russes en e0et pouvaient se réunir aux Autrichiens pour écraser le prince Henri.
clergé calholiqufi, e) f urtoMt nvec les Jésuites, implacables eopemis des Prussiens. (Guerre de Sept-Ans, tom, U.)
Un fait incontestable, c'est que la garnison, presque toute composée de déserteurs et de prisonniers autrichiens, facilita la prise de cette forteresse.
* Jomini, Traité des grandes opérations militaires^ lonic III.