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1741 chieijs. (tétait le momeut do les attaquer; mais, ayant reçu Tordre précis de ne rien engager, il ramena sa troupe à Taile droite, dopt elle faisait partie. Commeut un général aussi expérimenté que M. de Neuperg se laissa-t-il ainsi surprendre? Qo s'en étonne; mais ses ordres à différents officiers d^ hussards de battre la campagne avaient été mal exécutés. Il n'apprit rapproche du Roi qu'en voyant l'armée prussienne en bataille devant ses cantonnements : force lui fut de former ses troupes, à la hâte, sous le feiii du c^non ennemi.
L'aile gauche de cavalerie autrichienne se présenta la première. Son commandant, le baron de Jlœmer, officier intelligent et déterniipé , vit que l'aile droite des Prpssiens était plqs avancée vers Molwitz que la gauche, et que, s'il restait immobile dans sa position, M. de Neuperg risquait fort d'être battu, avant que la cavalerie de l'autre aile fût arrivée. Sjjns doqc attendre Tordre de personne^ il résolut d'attaquer la droite des Prussiens. M. de Schulembourg, pour regagner le village de Hermsdorff, avait maladroitement fait un quart de conversion à droite par escadrpps : Rœmer le chargea, bride abattue et en colonnes. Bientôt ses trente escadrons eurent enfoncé les dix escadrons prussiens dont chacun présentait le flanc gauche. Cette cavalerie en déroute passa entre les bataillons de grenadiers intercalés parmi les escadrons, et les eût culbutés^ si ces bataillons n'eussent fait feu iqdistinctement sur les fuyards et sur les Autrichiens : Rœmer y fut tué. Les deux bataillons de grenadiers, après
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S être soutenus seuls, rejoignii*eut, eu 1m)u ordre, la 1741 droite de l'infanterie.
Cependant la victoire semblait se déclarer en faveur des Autrichiens. Schwerin, l'intrépide Schwerin luimême conjure le monarque de quitter le champ de bataille : Frédéric s'éloigne en frémissant de honte et de douleur. Quel début! mais la fortune veillait sur cette grande destinée.
j\L de Schulembourg venait de périr dans une chaîne malheureuse, et ses escadrons s'étaient de nouveau débandés. Alors la cavalerie ennemie se jeta sur le flanc droit de l'infanterie prussienne, où tiois bataillions, ainsi qu'on Ta vu plus haut, avaient été placés en potence, comme par hasard. A trois reprises, cette infanterie fut vigoureusement attaquée; des officiers autrichiens tombèrent blessés dans ses rangs; nombre de leurs cayaliers furent désarçonnés h coups de baïonnette. Mais enfin, à force de valeur, elle repoussa toutes les charges; l'ennemi perdit beaucoup de monde.
M. de Neuperg saisit ce moment; son infanterie s 6<< branla pour entamer la droite des Prussiens abandonnée de ses escadrons; lui-même, à la tête de sa cavalerie, il fit d'incroyables efibi*ts pour enfoncer les troupes du Roi, mais en vain : cette héroïque infanterie résistait comme un roc.
A la gauche des Prussiens les choses allaient mieux. Cette aile qu'on avait refusée, était appuyée au ruisseau de Lauchwitz, et la cavalerie, ayant chargé celle de la reine de Hongrie au delà de ce ruisseau, l'avait battue.
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17 ti Cependant le feu de l'infanterie de la droite durait depuis près de cinq heures; déjà, les munitions manquaient aux soldats; pour trouver des cartouches, ils dépouillaient les morts. La situation devenait critique. De vieux officiers commençaient à désespérer. Mais que ne peut le courage? L'infanterie se soutint, gagnant même du terrain sur l'ennemi : c'était un de ces instants décisifs d'où sort la victoire ou la défaite. Le maréchal de Schwerin fait un mouvement avec sa gauche, la porte sur le flanc droit des Autrichiens, et l'ennemi est en pleine déroute. La nuit empêche les Prussiens de poursuivre leurs avantages au delà da village de Lauchwitz.
Cette journée coûta aux vaincus sept mille morte m blessés; aux Prussiens, quatre mille six cents. Le margrave Frédéric de Braudebourg-Schwedt , cousin da Roi, y perdit la vie \ Six princes de la maison de Brandebourg avaient pris part à cette bataille.
Par une remarquable singularité, Frédéric, tandis que son armée remportait la victoire, courut grand risque d'être fait prisonnier. Après s'être éloigné de Molwitz, suivi de Maupertuis et d'un valet de chambre français, sous Tescorte de quelques hussards, il se dirigea sur Oppelen, croyant y trouver asile. Arrivé aux portes vers minuit, il fait demander qu'on ouvre; mais un parti de hussards autrichiens occupait la ville; ils sortent, attaquent la petite troupe, qui répond à coups
* Frédéric, Histoire de mon temps; — Muller, Tableau des gtierresà» Frédéric le Gronrf ; —Grimoard, Tableau de la vie et du règne de Frédéric le Grand; — Jomini, Traité des grandes opérations militaires.
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de carabine. Voyant sa liberté fortement ooin{Hroiiiise : 1741 (( Adieu, mes amis, dit Frédéric à ses compagnons, je suis mieux monté que tous'; » il retourne au gik^ vei*s Neiss, apprend en route le résultat de la bataille^ et va rejoindre son armée, le lendemain matin.
Calculant les chances d'une défaite, Schwerin avaitil sérieusement voulu mettre en sûreté la personne du Roi, pour rester plus maître de ses opérations, ou Frédéric s'était-il troublé à Taspect de dangers si nouveaux pour lui? Les deux opinions ont été émises. Quoi qu'il en ait été, et si la crainte trouva une fois accès en son âme, elle y fît aussitôt place à une intrépidité qui ne se démentit jamais.
« Molwitz, dit Frédéric avec raison ', Ait Fécole du Roi et de ses troupes. »
Les Prussiens y reçurent le baptême de la gloire.
C'est sur ce champ de bataille que naquit la ligue qui ébranla le trône de Marie-Thérèse. La France, long-
> Moins heureux que le Roi, le sa?ant, ex-capitaine de dragons , fut pris, dépouillé de tout par les hussards autrichiens et conduit k Vienne; mais le plus gracieux accueil l'y consola de sa mésayenture. Maupertuis regrettait beaucoup une montre de Grabam; le duc de Lorraine (depuis empereur sous le nom de François l^) en possédait une du même artiste, richement garnie de diamants. Quand on lui présenta le prisonnier : « Vous croyez avoir perdu votre montre, M. de Maupertuis, lui dit ce prince, mais c'est une plaisanterie de mes hussards; la voilà, ils m'ont chargé de vous la rendre. »
Ce fut alors aussi que Marie-Thérèse lui ayant demandé si la sœur du roi de Prusse était en effet la plus belle princesse du monde : a Madame, répondit le philosophe-courtisan, je l'avais cru jusqu'à présent. »
' Histoire de mon temps ^ tome I.
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1741 temps incertaine, se décida enfin : sans intërét dans cette guerre, sans motif légitime, eDe y fut entraînée parle comte de Belle-Isle, que Urarmentaient Fambition de faire un empereur et le besoin de bonleyerser l'Europe.
Ce petit-fils du surintendant Fouquet, alliant à une prodigieuse activité de corps et d'esprit le talent de revêtir ses plans gigantesques de formes séduisantes, cachait, sons des dehors phlegmatiques, une perpétuelle inquiétude, et proposait firoidement, comme chose toute simple, la dévastation des empires. Le repos le fatiguait; s'arrêter ne lui était pas possible. Digne d'être chef par ses talents, il eût mérite, par ses défauts, de n'être employé qu'en second ^
Le cabinet de Versailles conmiit alors deux fautes : l'une, en faisant la guerre; l'autre, une fois la guerre résolue, en ne déployant pas assez de forces pour assurer le succès.
L'électeur de Bavière était tout prêt : au premier mouvement des Français, oubliant combien Louis XTV avait été fatal à son père Maximilien, il se précipita dans la carrière*. Prisonnier autrefois des Autrichiens, Charles- Albert, en combattant pour la couronne impériale, croyait avoir trouvé aussi l'occasion de venger une vieille injure ; rêve mensonger que dissipa bientôt on douloureux réveil.
L'alliance de ce prince avec la France et l'Espagne
* Flassan, Histoire yénérale et raisonnée de la diplomatie française. ' Koch, Abrégé de l'histoire des traités de paix.
DC FVÊKftH: H. dî3
fut siguée à Vefstilles, le 18 mai. Le rot de IViecoiecooime électeiirdeSaxeylemdeSAidu;me.r<leetefir de Cologne et rêleeleiir palatin y entrèfeot s«K«sHremeac. Atiu de priver Marie-Thérfese do $eco«xrs de$ RD5Kïe>. cxi porta la Suède à leur dédarer la suene. Le n.H dXspagne entra dans Talliaiice pour hii-mteiie et p.Hir lt^ roi des Deax-Siciles, mais sealeanHil por ripport &ixs affaires d'Italie.
Déjà, ivre de joie, le marédial de BeOe-IsIe. ambasçsadeur de France à la Kèle d*ÉlMtû>D. rédî^^eaît. à Francfort, un traité de parta^ de tons I^es États ikutiichiens : la Bohême et la Hante-Antricbe y étaient â<-ijugées à rélecteur deBavièfe; le margraviat de Moravie, avec la Hante-SOésie, à Téleetenr de Saxe: le reste de la Silésû au ni de Pni&se, et la LombanJîe autrichienne au roi d'Espagne. Marie-Thérèse ne eT>nservait que la Hongrie, les P^ys-Bas. la Basse-Autriche, les duchés de Carintliie et de Carniole ^
Belle-Isle vint trouver le Boi an camp de 3Iolwitz^ et lui communiqua ce projet, avec la proposition d'un traité d'alliance an nom de Louis XY. Le plan de partage déplut à Frédéric, peu disposé à laisser des riraux croître à ses côtés. Néanmoins, un mois après, instruit de la redoutahle ligue oi^anisée contre lui, il signa son alliance avec la France, qui lui assurait la Basse-Silésie ; en même temps, par un autre traité avec Télecteur de Bavière, auquel le Itoi garantissait la Haute-Autriche, le Tyrol, ïe Brisgaû, la Bohéttie, il se Réservait la Si-
' kucli, Abrégé de llnstoirû des traitée dcpaU', olr.