A7B HISTOIRE
fenêtre, le long du mur, le ^t va là? d'une sentinelle le força à rentrer.
De Wesel , Frédëric fut conduit à Mittenwalde, en Brandebourg, avec tout Tappareil d'un crimineL Là, MM. de Grumkow et de Derschau, rauditeiu^[éuëral Mylius, le tiscal-gcnéral Gerber, lui prësentèrent, au nom du Roi, 1 interrogatoire de Katt avec ses réponses, en lui demandant s'il les approuvait. Interrogée son tour sur tous les points indiqués par son père, Frédéric étonna les assistants par sa présence, d'esprit et sa fermeté. « Quoi qu'il m'arrive, ajouta-tHUl, mon courage sera plus grand que mes malheurs. -^ Monseigneur, lui dit M. de Grumkow, d'après Tordre exprès du Roi, Votre Altesse Royale va ôtre^lpuisférée à Kustrin, jusqu'à ce qu'il plaise X Sa Majesté d'en décider autrement. -* Soit, répondit le prince; nuis si c'est par des prières que j'en dois sortir, j'ai la Uiine d'y rester longtemps. »
Le môme jour, on le fit partir pour la citadelle de Kustrin. Là, sans meubles, sans livres, sans lumière, il avait une Bible pour tout délassement.
A la longue, ce genre de vie fôt devenu insupportable : M. de Munchov^, président de la chambre de la Nouvelle-Marche, logeait dans la citadelle; il s'efforça d'adoucir la captivité de Frédéric, et, dans la suite, le roi de Prusse acquitta amplement la dette du prince royal. Une autre consolation, plus douce encore, lui fut accordée : un jeune officier, Lamothe- Fouqué, offrit au Roi de partager la prison de son lils; Guillaume, qui l'estimait, y consentit; c'est ce
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même Fouqué qui prit bientôt place parmi les plus illustres généraux de Frédéric, et auquel ce prince voua une tendre amitié \
Cependant un ami sûr, M. de Lendener, avertissait Katt de s'éloigner au plus tôt, sinon qu'il serait infailliblement arrêté. Profitant de l'avis, Katt demanda au maréchal de Natzmar, qui commandait son corps, un congé pour aller à Frideriehsfelde rendre ses devoirs au margrave Albert; ce qui lui fut accordé. Malheureusement une selle qu'il avait commandée pour enfermer de l'argent et des papiers, n'étant pas prête, il dut l'attendre. Ce temps toutefois ne fut pas perdu, car l'officier brûla tous ses papiers. Enfin il s'élançait sur son cheval, quand M. de Natzmar, suivi de ses gardes, arriva, lui demanda son épée, et TaiTéta au nom du Roi.
Katt obéit sans changer de couleur. On mit le scellé sur tous ses effets, en présence du maréchal qui paraissait plus atterré que son prisonnier. Pour donner à Katt le temps de fuir, il avait tardé, plus de trois heures, à exécuter les ordres de son redoutable maître, et il fut désolé d'arriver à temps*.
C'est de sa prison que Frédéric écrivit, à sa sœur bien-
* Denkumrdigkeiten meiner Zeit, oder Beiirage zur Geschichte vom lezten Viêftd des achtzehnten und vom Anftmg de neunzehnten Jarhunderts, i778 bis i806, von Christian Wilhelm von Dohm. a Faits mémorables de mon temps, ou Supplément k Thistoire du dernier quart du dix-huitièàie siècle et du commencement du dix-neuvième, de 1778 à 1806, par Chrittùm'-GuiUaMnB dé Dohm, 4* Tolaffie. »
^ Mémoires de la margrave de Bareith.
aimée, la lettre suivante^ si calme, si affectueuse, si résignée !
« Ma chère sœur, Ton va rahèréitser après le Conseil de guerre qui va se tenir à présent, car il n'en faut pas davantage pour passer pour hérésiarque, que de n'être pas en toutes choses conforme au sentiment da maître. Vous pouvez donc juger sans peine de la jolie façon dont on m'accommodera. Pour moi, je ne m'embarrasse guère des anathèmes qui seront prononcés contre moi, pourvu que je sache que mon aimable sœur s'inscrive à faux là-contre. Quel plaisir, que ni grilles, ni verroux ne puissent m'empécher de vous témoigner ma parfaite amitié ! Oui, ma chère sœur, il se trouve encore d'honnêtes gens dans ce siècle quasi entièrement corrompu, qui me procurent les moyens nécessaires pour vous témoigner mes soumissions ; oui, ma chère sœur, pourvu que je sache que vous êtes heureuse, la prison me deviendra un séjour de félicité et de contentement. Chiha tempo ha mta! Consolons-nous avec cela. Je souhaiterois, du fond de mon cœur, n'avoir plus besoin d'interprète pour vous parler, et que nous vissions ces heureux jours où votre principe et ma frincifessa * feront une douce harmonie, ou, pour parler plus net, où j'aurai le plaisir de vous entretenir moi-même et de vous assurer que rien au monde ne sauroit diminuer mon amitié pour vous. Adieu.