PIÈCES
(L) « AHœutio regina himgariœ Marim-Theretia ^ amno 1741.
« Afflictut remm nosîrarum staius noi movtf , til fiddibui regni Uungariœ statibut de hastili provincim noslrm kereditana Austriœ invasione^ et imminente reyno huic periculo, adeoq^ de ooiutfderando remédia propositionem tcripto faciamui- Agitur de regno Uuthgariœ, de persona naetra^ proUbm nostris et corona. Ab ammibu» derelicti, unice ad inelytorum Statuum fidelitatem, arma et tftMyororum ftriscam virtutem eonfugimus ; impense hortanUê^ velini Siaiui ti Ordine», in hoc maximo periculo, de seeuritate persona nostrœ^ pro» lium, cùrana et regni quanto oeius cansulere^ et ea in efectum eiiam deducere. Quantum exporte nostra est, quœeumquê pro pristinaregm hujusfelicitaie, et gentis décore forent, in iis omnibus benignitaism H clementiam nostram regiam fidèles Status et Ordines regni expsrtmi sunt. »
Ce discours, lire des «rchifes de Hongrie, fui communiqué k William Coxe par le comte Koller, gardien de ce dépôt. (Voy. Uist. de la Mais. d'Autr., tom. v.)
(M) Lettre du roi de Prusse au cardinal de Fleury, en lui adressant k^ traité de Breslau,
« Monsieur mon cousin , il vous est connu que, depuis que nous i pris des engagements ensemble, j'ai secondé avec une fidélité inviolable tous les desseins du Uoi votre maître. J*ai aidé par mes remontrances à détacher les Saxons du parli de la reine de Hongrie; j'ai donné ma voix à Télecleur de Bavière; j'ai accéléré son courooiiemenl; je vous ai aidé de tout mon pouvoir à contenir le roi d'Angleterre; j'ai engagé celui de Danemarck dans vos intérêts; enfin, par les négociations ut |iar l'épée, j'ai contribué , autant qu'il a été en moi, à soutenir le parti de mes alliés, sans que les effets aient jamait assez répondu aux désirs de ma bonne volonté. Quoique mes Iroupea» é|)ulsées par les fatigues continuelles de la campagne de 1741, demandassent k (irendre un repos qui leur semblait être dû, je n'ai point refusé aux pressantes sollicitations du maréchal de Belle-lslo de les empUiyer en lloliéme, pour y couvrir l'aile gauche des alliés. J'ai fnil plus : pour dégager M. de Ségur, blo(|ué dans Linti, le zèle pour U cause commune m'a transporté en Saxe, et, k force d'imporlunitéi, j*«i obtenu du ri>i do Pologne que ses troupes, de concert avec lesi
feraient une diversion en Moravie. On s'est porté sur Iglau , d*où M. Lobkowitz s'est retiré en bâte.
« Cette diversion aurait eu un effet décisif, si M. de Ségur avait eu la patience d'attendre les suites de cette opération, et si M. de Broglio avait été assez en force sur la Woltava pour seconder mes efforts ; mais la précipilation du premier, le peu de troupes de l'autre, la mauvaise volonté des généraux saxons, enGn le défaut d'artillerie pour assiéger Brunn, ont fait échouer cette entreprise, et m'ont obligé de quilter une province que les Saxons devaient posséder et qu'ils n'avaient pas la volonté de conquérir.
« I>e retour en Bohême, j'ai marché contre le prince de Lorraine ; je l'ai attaqué pour sauver la ville de Prague qu'il aurait assiégée, s'il n'avait été mis en déroute ; je l'ai poursuivi autant que les vivres me l'ont permis. Aussitôt que j'appris que le prince de Lorraine prenait le chemin de Tabor et de Budweis, j'en avertis M. de Broglio en lui conseillant d'expédier M. de Lobkowitz, qu'il venait de battre à Salié, avant que l'armée de la reine de Hongrie pût le joindre : M. de Broglio ne jugea pas à propos de prendre ce parti, et, au lieu de retourner à Piseck, où le terrain le favorisait, il partagea ses troupes en différents détachements. Vous êtes informé quelles en furent les suites et de tout ce qu'il en est résulté de fâcheux.
« Maintenant la Bavière est coupée de la Bohême, et les Autrichiens, maîtres de Pilsen, interceptent en quelque sorte les secours que le ma* réchal de Broglio peut attendre de la France. Malgré les promesses que les Saxons ont faites au maréchal de Belle-Isle, loin de se préparer k les remplir et h se joindre aux Français, j'apprends qu'ils quittent la Bohême et retournent dans leur électorat.
« Dans cette situation, où la conduite des Saxons est plus que suspecte, et où il n'y a rien à espérer de M. d'IIarcourt, l'avenir ne me présente qu'une guerre longue et interminable, dont le principal fardeau retomberait sur moi. D'un côté, l'argent des Anglais met toute la Hongrie en armes ; d'un autre côté, les efforts de l'Impératrice-Reinc font que ses provinces enfantent des soldats. Les Hongrois se préparent à tomber sur la Haute-Silésie. Les Saxons, dans les mauvaises dispositions que je leur connais, sont capables d'agir de concert avec les Autrichiens, et de faire une diversion dans mes pays héréditaires» a présent sans défense. L'avenir ne m'offre que des perspectives funestes, et, dans une situation aussi critique (quoique dans l'aroerlume
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ile mon unir), jt* me suis vu dans U nécfssilé de me inuver du naufrage et de (ragncr un asile.
« Si des conjonctures fàdieuses m'ont obligé de prendra un parti i|ue la nécessilé justifie, vous mo trouverez toi^ours Adèle k repipiir les engagements dont l'eiécution ne dépend que de moi. Je ne réto- (|uerai jamais la renonciation que j'ai souscrite des pays de Jullien el de Berg ; je ne troublerai ni directement ni indirectement l'ordre éU* bli dans celte succession ; plutOl mes armes tourneraient contre moimême que contre les Français. On me trouvera toujours un empressement ^gal à concourir à Tavantage du Roi, Totre maître» et au bien de son royaume. Le cours de cette guerre n'est qu'un tissu des mar* qucs de bonne volonté que j'ai données k mes alliés; vous en devri être convaincu, ainsi que de l'authenticité des faits que je viens de vous rappeler. Je suis persuadé, Monsieur, que vous regrettez avec moi que le caprice du sort ait fait avorter des desseins aussi salutaires à l'Europe que l'étaient les nôtres. Je suis, etc. »
It Juin IT4S.
Réponse du Cardinal.
t Sire, Votre Higesté jugera aisément de la vive impression de douleur qu'a faite sur moi la lettre dont il lui a plu m'Iionorer, du 10 de ce mois. Le triste événement qui renverse tous nos projets en Allemagne n'eût pas été sans ressource, si Votre Majesté avait pu seeooder M. de Droglio et sauver du moins la ville de Prague; mais Elle n'y a pas trouvé de possibilité, et c'est à nous à nous conformer à ses lumières et à sa prudence.
t Ou a fait de grandes fautes, il est vrai ; il serait inutile de Im rappeler ; mais, si nous eussions réuni toutes nos troupes, le mal n'eAl pas été sans remède : il ne faut plus y songer et ne penser qu'à le paix, puisque Votre Majesté la croit nécessaire, el le Roi n^ le désire pas moins que Votre Majesté. C'est h Elle à en régler les conditions, el nous enverrons un plein pouvoir au maréclial de Delle-lsle» pour ^iollscn^eùluutcequ'Elle aura arrêté. Je connais trop sa bonne fSiM el sa géuértisiié |M)ur a\uir le moindre soupçon qu'Elle consente à nous aliandunner, après les preuves authentiques que nous lui avons < nées (le udtre lid^lité et de notre zèle |ioiir ses intérêts. Votre devient rarhilru de toute l'Eunipe, et c'est le |tcrsonnage le plus glo> lieux que Votre llnjpsté puisse jamais faire.
« Aclicvcx, Sire, de le consommer, en ménageant vos alliés cl Tinlérél de l'Empereur autant que possible. El c'esl toul ce que je puis avoir l'honneur de Lui dire dans l'accablemenl où je me Irouve. Je ne cesserai de faire des vœux pour la prospérité de Votre Mi^esté et d'être avec tout le respect, etc. »
If Jain 174t.
(N) Mémoire écrit de la main du Roi pour ses ministres^ qui combat^ taierU son projet d^une seconde guerre de Silésie.
« Pour prendre un parti judicieux, il ne faut point se précipiter. J'ai mûrement réfléchi sur la situation où nous nous trouvons, et voici les remarques que je fais sur la conduite de mes ennemis, en la résumant pour mieux constater leurs desseins.
« 1* Pourquoi, par la paix de Breslau, la reine de Hongrie s'csUelle si obstinément opiniàlrée à se réserver les hautes montagnes de la llaute-Silésie, qui sont d'un si modique rapport? Certainement Tintérél n'y a aucune part. J'y découvre un autre dessein ; c'est de se conserver, par la possession de ces montagnes, des chemins avantageux, pour s'en assurer l'entrée lorsqu'elle le jugera à propos.
fl î» Quelle raison a obligé les Autrichiens et les Anglais à s'opposer sous main k la garantie du traité de Breslau, que Mardefeld négociait à Pétersbourg, si ce n'est que cette garantie empêchait ces puissances de rompre le traité ? Vous répondez que la politique des Anglais est simple, qu'ils veulent m'isoler, afin que n'ayant d'autre garantie que la leur, je dépende uniquement d'eux. J'ose demander à messieurs les ministres, si, supposant aux Anglais l'une ou l'autre de ces intentions, elles nous sont favorables ou désavantageuses.
« 3"* Pourquoi le lord Garteret ne se hàle-l-il pas de terminer les petits difTérends au sujet de quelques froulières litigieuses entre le pays de Minden et celui de Hanovre, pour un péage des Hanovriens sur l'Elbe, enfin pour les bailliages qui nous sont hypothéqués dans le Mecklembourg ? C'est qu'il ne se soude point du tout d'établir une lionne harmonie entre nos deux cours. Le comte de Podewils suppose que la Maison de Hanovre a autant d'intérêt que la Maison de Brandebourg Il terminer ces difl'érends. Pourquoi donc ne le fait-elle pas ? Mais le roi d'Angleterre voudrait envahir le Mecklembourg, Paderborh, Osnabruck cl révêclié de llildesheim, et il voit que ces vues d'agran-