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Au reste, c'était un homme de seus, d'esprit, de savoir : Frédéric lui dut toutes ses connaissances littéraires ; en même temps, André, prédicateur de la Cour, dirigeait, auprès de lui, l'enseignement religieux, avec moins de succès malheureusement, et un ingénieur distingué, le major Schœning, l'initiait à la fortification et aux mathématiques.
Un cadet, appelé Kenzel, fut chargé d'apprendre " l'exercice au prince qui, dès l'Age de huit ans, reçut un petit arsenal fourni de toutes sortes d'annes, proportionnées à ses forces. De tous les enseignements, ce n'était certes pas \i\ le moins important aux yeux de Guillaume. Peu après, le Roi nomma son fils capitaine-commandant du corps des Cadets. Tous les jours, Frédéric répétait, avec ses petits soldats, les manceiivres auxquelles le Roi exerçait ses géants, et it^guKèrement il communiait, dans la chapelle de la garnison, à la tête de sa compagnie; car,* non moins rigide sur la discipline religieuse que sur la discipline militaire, le monai*que exigeait qu'on fût aussi exact à l'église qu*à la parade. Les soldats étaient commandés |)Our le sermon comme [lour une garde; deux factionnaires, placés à la i)orte du temple, airétaient tous ceux qui eussent tenté de sortir.
Le fameux piétiste Francke, fondateur de la Maium des Orphelins dans Tuniversité de Halle, en inspirant i Frédéric-Guillaume des scrupules de conscience sur les choses les plus innocentes, fit de cette disposition une noire hypocondrie. Dominé par ce bigotisme sombre, si contraire au véritable esprit du Christianisme,
le Roi voulut même abdiquer : « Me réservant 10,000 écus par an, disait-il, je me retirerai, avec la Reine et ses filles, à Yonsterliausen^ Là, je prierai Dieu et j'aurai soin de Téconomie de la campagne, pendant que ma Femme et mes filles auront soin du ménage. Vous êtes adroite, me disait-il, je vous donnerai Finspection du linge que vous coudrez, et de la lessive. Frédérique, qui est avare, sera gardienne de toutes les provisions; Charlotte ira, au marché, acheter les vivres, et ma femitae aura soin de mes petits enfants et de la cuisine \ >» .
De bonne heure, on habitua Théritier du trône à une stricte économie. Pour toutes ses petites dépenses personnelles, le Roi lui donnait, par an, 360 florins; peu à peu, pourtant, il alla jusqu'à 600. Mais la somme entière n'était point confiée au jeune prince, qui devait en rendre un compte détaillé à ses deux précepteurs. Vers la fin de chaque mois, ceux-ci en vérifiaient Texactitude, et le Roi lui-même, à l'expiration de l'année, examinait tous les mémoires, témoignant à son fils sa satisfaction, quand il trouvait un reliquat. Cet argent rentrait en caisse, et Ton y ajoutait la somme nécessaire pour compléter le service de l'année qui allait s'ouvrh*.
Tous les exercices du corps étaient particulièrement soignés; Frédéric y excellait. Pour les sciences, il n'en était pas de même; ainsi l'avait ordoimé Guillaume.
^ Mémoires de Frédérique-Sopbie-AViUielmine de Prusse, margrate de Bareilh.