‹ Histoire de GignyChapitre 100 sur 356 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

acceptées par G ailla urne de Saulieu, tant en son nom qu'on I42i celui d'Alix de Clialon , sa femme , et par Jean Hatcn de Loconnay, doyen, et Guillaume de Melliae , chanoine de la collégiale, tant pour eux que pour les autres chanoines de celle-ci. Les contractants promirent par serment \»î l'exécution de cet acte, qui fut fait et passé à Gigny, devant Claude Barignet, d'Orgelet, notaire, en présenee de Jean de Chatard, curé de Marboz, Jacques Duvillard, prêtre de Gigny, Guillaume Arbi de Montréal , Etienne de Chatard (w> de Montrichard, et autres témoins.

Au reste, on ne dira rien d'autre ici de la collégiale de Cuiseaux, qui a subsisté jusqu'en 1790, et qui était composée, non compris deux enfants de chœur, de huit ecclésiastiques chanoines, lesquels suivaient la règle canoniale ordinaire. De ces huit chanoines quatre étaient officiers sous les noms de doyen, cliantrey sacristain et custode. Ce dernier était aussi qualifié aire cl vicaire perpctttel de la paroisse, et il en faisait les fonctions. Le chapitre avait le patronage de la cure de Chavannes et envoyait un de ses membres pour la desservir. Il députait un élu, pour la chambre du clergé, aux état* d'Auxonne ou de Bourgogne.

L'église de Cuiseaux est sous le vocable de saint Thomas de Cantorbéry , dont on y célèbre la mémoire au mois de juillet. Mais ce saint évéque martyrisé, en 1171, par la po-

(94) Les ecclésiastiques prêtèrent, selou leur coutume, ce «croient ad p«ctn$% en mettant la main sar la poitrine, ainsi qu'ils ont continue de faire, môme dans le xvnt,e siëcle, ei comme le prêtent encore aujourd'hui les juifs eu justice. Mais le seigneur de Monlfleur prêta le sien tntre Ut maint des notaire». Il est dit aussi que le prieur prêta serment de sa propre autorité, et les religieux de l'autorité du couvent et d'après l'ordre du prieur. On voit, dans une charte de 1097, le comte de Savoie prêter serment en mettant son pouce dans la main d'un autre prieur.

(9$) Cet Et. dé Chatard ainsi que Jean de Chatard , curé de Ma r box, étaient probablement delà famille du prieur de Gigny, comme encore Tiuguet de Chatard, mentionné au chap. aJ,et Amblard dt Chatard . doyen de notre prieuré en M***

1431 litiquc , u'en était pas l aucieii patron , quoiqu'il cul déjà clans l'église paroissiale une chapelle qui fut unie, lors de la translation, à la collégiale. Une tradition vague i#orte que Saint-Georges était le vocable primitif. Aussi , on trouve 1$ cimetière de SaitU-Gcorgcs menliouné à Cuiscaux dans un litre de 1284, et une foire s'est tcuue eu cette ville, jusque dans les dernières années, le lendemain de la fête de ce saint martyr. D'un autre côté, la grosse cloche, qui a été fondue le 25 juin 1478, jour anniversaire de l'incendie par lequel le barbare général de Louis XI punit Cuiscaux de sa fidélité à sa légitime souveraine et le réduisit en cendres, à l'exception de l'église et d'une seule maison, cette cloche, dis-je, porte une invocation à saint Georges et h la Vierge Enfin , on lit qu'en 1425 , Louis de Chalon, prince d'Orange, fonda et dota une chapelle en l'honneur de ce bienheureux, pour être construite en son château de Cuiseaux et desservie, en attendant, en l'église paroissiale de Saint-Thomas. Cette chapelle est mentionnée dans un autre litre de 1469, comme subsistant toujours dans ladite église.

§ 3. Depuis cet événement jusqu'aux dernières années de la vie de noire prieur, on ignore ce qui s'est passé à Gigny ou au monastère. On trouve seulement l'indication

1430 qu'en 1430, noble Humbert de Montagu donna au prieuré le pré Frêne et le champ de Montbuzon, au territoire de

1433 Gigny, donation qui fut homologuée, en 1433, par Étienne de Montagu.

1435 S 4. Humbert de Chatard assista, en 1435, ou du moins c il». fut invité à assister aux pompeuses funérailles de Jacquemardltr, seigneur d'Andelot, Bcaupont, Beauvoir, Boujailles, Boutavant, Buenc, Coligny, Cressia, Grilla, Froraentes,

/. H. S. Marin, tanete CtOngi, or* pro mobis ; mitltno quaitrcttUtimo iepluagtsimo oclavo, dit mero junii picesimo quint» crtmalo...... Anna vocor ego

regr Fi ancorum in+icto. Jhan Momul, uoUire, a heu la charge cl conduite de tore f.irecea deux bcllei douche*.

CnAPITKE XXX. 1*9

Loysia, etc.... Ce paissant seigneur, dont il a déjà été parlé, t V35 testa au château d'Andelot, le 27 février H35, en exprimant le towi qu'on l'inhumât dans l'église do l'abbaye du Miroir, auprès de ses ancêtres, et qu'on lui fît de somptueuses funérailles, notamment en y consacrant deux quintaux de cire, et en y faisant célébrer la messe par 400 chapelains.

Les parents exécutèrent l'intention du défunt et invitèrent en conséquence a cette vaniteuse cérémonie nonseulement les 400 chapelains recommandés, mais encore t.- les quatre abbés de Balerne, de Baume du Miroir et de Toùrnus ; 2.» les cinq prieurs de Gigny, de Seligna, de Coligny, de Montmerle et de Bonlîeu ; 3.° les deux archidiacres de Chalon et de Lyon. On y invita aussi de nobles et puissants séculiers , savoir : Louis de Chalon , prince d'Orange et baron d'Arlay, les seigneurs d'Arguel, de Saint- Georges, de Fonvens, d'Autrey, de Fribourg, de Buxy, de Ruffey, de Saint-Amour, de Varcnibon, de Corcent, de La Cueille et de Fénix.

Le titre qui nous a conservé tous ces noms célèbres de la féodalité contient aussi le détail des préparatifs culinaires faits ponr restaurer tant d'invités réunis dans un lieu aussi dépourvu que le Miroir. Le lecteur pourra juger, d'après cette pièce , des mœurs, des usages, des meubles, des aliments et du genre de vie dans nos pays, à cette époque. U

(97) Il paraît que cette Tanité de funérailles était tout-à-fait dam le goût du siècle. En effet, en 1417, on Toit Mathée de Rye, dit de Roublans, bisaïeul de deux de nos prieurs, exiger à son enterrement l'assistance de aoo prêtres aumi cf^ m ami t. ÀTsnt lui, en 1S84, Jean de Rye, son pere, avait déjà* ordonné qu'on mît sur aon corps nn drap d'or, et qu'à ses obsèques on offrit trois chevaux ornés l'nn de ses armes, bernois et cottes de fer, le second de ses armes de tournois, et le troisième de sa. bannière. Hnmbert de Rye en 1 363 et Renaud d'Usie en 1349 en iraient demande à peu près autant. EnGn Huguctle de la Baume, femme de Jacquesnard de Coligny, exigea aussi le même luxe de funérailles que son mari.

(9!) On lit Beanne dans la charte, sans doute pat- erreur, car il n'y a jamsis eu d'abbaye «u cette Tille.

1^0 1IISTOIRE DE GIGNY.

14.13 pourra apprécier, en conséquence, les progrès qu'ont faits dès-lors l'art culinaire et le luxe de table et d'ameublement. Qu'il y a loin , en effet, des plats et des écuelles de bois où les personnages les plus notables de ce temps mangeaient des aliments grossiers , à la vaisselle de faïence, de porcelaine et même d'argent, si commune de nos jours et sur laquelle on dépose des mets si délicieux !... On se contentera de faire remarquer h cette époque :

1. ° La non-mention des poissons et de la viande de veau très usitée, cependant, sur la table des riches dans le quinzième siècle.

2. ° L'existence , comme gibier, dans nos pays, des lapins de garennes ( Cugnit ) , qui en sont disparus depuis longtemps (W).

3. ° La prodigalité des épices, ou condiments aromatiques dans la cuisine, comme poivre, gingembre, gérofle, graine de paradis, canelle et moutarde.

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