CHAPITRE XXX
rhospice, on donnera la moitié d'un pain d'orge et une ration de vin ; 3.« que, dans le cas où une pauvre femme étrangère viendra à y accoucher, on lui donnera, ainsi qu'à son enfant, outre les choses nécessaires h leur état, une ration de vin de tiers
Le testateur charge ensuite l'aumônier de placer à la tête de l'hospice un laïque, homme de probité, et une femme de bonnes mœurs, pour y demeurer et avoir soin des pauvres et de leur maison. Dans son zèle il n'oublie aucun détail de ce qui y est nécessaire. Il veut qu'on y entretienne trois lits garnis chacun d'un matelas, d'un coussin et d'une couverture ; qu'on en change souvent les draps ; que ceux-ci se trouvent toujours à la maison au nombre de six grands et de dix petits ; qu'il y ait deux tables avec leurs bancs , des écuelles de bois et des vases et ustensiles de cuisine.
Enfin le fondateur s'occupe dea prières qui doivent être faites à l'hospice. Il veut 1.» que, chaque année, on y célèbre une messe, le quatrième dimanche de carême où l'on chante à l'introït Lœtare Jérusalem, et que le même jour on y chante les vigiles des morts ; 2.° que, le lendemain, on dise une messe matutinale de Requiem après prime; qu'a la fin de cette messe, les religieux aillent sur sa tombe réciter les sept psaumes pénitentiaux et faire l'absoute ordinaire, et qu'ensuite l'aumônier donne a chacun des assistants un gros de monnaie, s'ils sont prêtres, et un demi-gros s'ils ne le sont pas ; 3.° enfin , que le même aumônier célèbre ou fasse célébrer, le lundi de chaque semaine, une messe à l'autel de la Croix, dans l'église du prieuré, messe à désigner sous le nom de Mette des pauvres.
$ 6. Les dispositions testamentaires du prieur Chatard
(lot) Le pain de tier» pétait trois lin e», d'après nue note du xvii.« siècle. Le vin de tiers était peut-être celui que contenait la pinte ; car celle-ci se divisait par tiers, et il y avait d»n% le p*ys des bouteilles d'un tiers et de deux tiers. La pinte de Gigny contenait un litie el quart.
154 HISTOIRE »B GIGIf Y.
1435 forent approuvées par un acte capitutaire du 30 mars 1435, et ratifiées par Odon de la Perrière, abbé de Cluny.
Cette délibération prouve qu'alors on ne regarda pas comme si mesquin rétablissement philanthropique du testateur. La passion, ainsi que l'ignorance de la valeur monétaire de l'époque, ont sans doute fait déprécier celte bonne action par celui qui était chargé d'en faire disparaître les derniers restes. Les détails de la cérémonie du Miroir, rapportés précédemment , (but aussi quelque justice de ce reproche.
S 7. Que devint par la suite l'hospice fondé par Chatard? Quand et comment la maison de cet hospice sortit-elle des biens dépendants de l'office de l'aumônier, pour devenir une propriété privée? Cest ce qui n'a pu être éclairci. On trouve seulement que cet asile de la pauvreté subsistait encore le 26 mai 1554, puisque, dans un titre de cette date, l'entretien de trois lits et les charités de cet hospice sont déclarés au nombre des obligations et charges de l'aumônier. D'un autre côté, il est certain que cette maison n'appartenait déjà plus au monastère ni à l'office d'aumônier au commencement du dix-huitième siècle, et qu'elle n'a point été aliénée avec les autres biens du clergé, dits nationaux.
Le jardin seulement de cet hospice appartenait encore , au prieuré en 1748 , du moins pour plus des trois quarts. Plan m. D était désigné alors sous le nom de* Jardin de l'Hôpital, et c'est postérieurement qu'il a été cédé au propriétaire de la maison hospitalière.
S 8. Il existe encore à Gigny, près de l'ancienne chapelle pian si a. de Saint-Taurin , une maison qu'on appelle Y Hôpital, qu'il ne faut pas confondre avec celle du prieur Chatard. En effet, elle est d'une construction toute moderne, qui date d'environ 80 ans. Cependant elle est l'ouvrage du dernier aumônier, qui était en même temps chef du monastère, et probablement elle a été construite pour remplacer l'ancienne, qui